Promotion

Le Jura et son PIB, un «bébé tigre» suisse

La croissance du produit intérieur brut du Jura est supérieure à la moyenne suisse

Les comparatifs intercantonaux sont la plupart du temps défavorables au canton du Jura. Alors, lorsqu’il est parmi les premiers de classe, par exemple avec le revenu disponible, il le fait savoir. Entré en fonction à la fin de 2015, pour sa première apparition devant les médias mercredi à Delémont, le nouveau ministre de l’Economie, le PLR Jacques Gerber, s’est appliqué à délivrer un message positif.

En brandissant un indicateur: depuis 2010, la croissance du PIB jurassien est supérieure à la moyenne suisse. Avec un taux de 3,8% en 2013, le Jura a même été «champion suisse». Le délégué à la promotion économique Jean-Claude Lachat ose la comparaison avec les «bébés tigres» asiatiques – Malaisie, Thaïlande, Viêt Nam ou Indonésie – ainsi surnommés pour leur développement industriel tourné vers l’exportation à la fin du siècle passé. Le Jura, «micro-tigre de la Suisse», s’exclame-t-il.

Jacques Gerber et son staff entendent faire savoir que le Jura crée de la valeur économique et propose des conditions cadres intéressantes: le canton est désormais plus aisément accessible par le rail et la route, il propose une main-d’œuvre qualifiée dans les microtechniques, il met à disposition du terrain industriel à bon prix, il propose du coaching aux créateurs de sociétés. Profitant de la main-d’œuvre frontalière, plusieurs grands groupes horlogers ont construit des usines à Boncourt, Chevenez ou Glovelier.

Un développement modeste

Le rugissement du tigre jurassien reste pourtant modeste. Le canton n’a enregistré que 25 implantations et créations d’entreprises en 2015. L’objectif de diversification d’un tissu industriel de sous-traitants horlogers n’est que partiellement atteint: seule une petite moitié des 320 emplois créés l’an passé avec le soutien de la promotion économique du canton est considérée comme «innovante», s’inscrivant dans les technologies médicales, de l’information et de la communication.

Jacques Gerber sait aussi qu’un message aussi positif soit-il a peu d’effet sur la marche des affaires, et que celle-ci est actuellement plombée par le franc fort et les incertitudes liées à la libre circulation et la fiscalité des entreprises. «Mais l’économie jurassienne résiste mieux que prévu.»

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