En mai 1997, lors de la campagne nationale «Halte à la violence conjugale», Neuchâtel et le Jura s'étaient signalés. Neuchâtel exhibait une étude montrant qu'en Suisse, une femme sur cinq est ou a été maltraitée par son conjoint. Dans le même temps, Anita Rion révélait avoir elle-même été victime de sévices conjugaux.

Depuis lors, la ministre jurassienne et son Bureau de l'égalité mènent une croisade pour briser les non-dits qui entourent la violence dans le couple. «Il est indispensable de lutter contre ce tabou», insiste la ministre, qui a fait inscrire dans la loi sur la famille un article qui impose à l'Etat d'informer, d'accueillir et de soutenir les victimes. Le parlement doit encore le ratifier en deuxième lecture.

Le Jura se manifeste à nouveau en éditant une brochure qui décrit la violence conjugale, physique et psychologique, en définit les mécanismes, précise les droits des femmes victimes et leur indique à quelles portes frapper.

Pour réaliser sa brochure, le Jura a travaillé avec Genève. «L'idée d'informer existe aussi dans les autres cantons romands, mais les projets sont moins avancés que chez nous», précise Karine Marti, cheffe du Bureau jurassien de l'égalité. Elle rappelle que, si le Jura s'engage pour lutter contre les agressions matrimoniales, «les conditions d'accueil des femmes battues ne sont pas idéales en l'absence d'une maison de solidarité».

Pionnier dans la lutte contre la violence conjugale, le Jura est le dernier canton romand à édicter des directives pour lutter contre le harcèlement sexuel et psychologique dans la fonction publique. Il a longtemps tergiversé pour composer le groupe de confiance chargé d'écouter les victimes en toute confidentialité. S'il a confié cette tâche à des personnalités de la fonction publique, le gouvernement a exclu les représentants du Service du personnel ou du Bureau de l'égalité.