Il y a d’abord ce qui se voit. Le Jura inaugure mercredi son deuxième technopôle, après celui dédié à l’informatique au Noirmont. Il offre 1550 mètres carrés près de Delémont à des start-up et des entreprises «medtech», qui font de la recherche et du développement dans les technologies médicales. Proche de Bâle, le site est appelé à devenir le maillon central du développement du Jura.

Il y a ensuite une vision portée par la structure publique-privée Creapole, qui veut transformer en profondeur le tissu socio-économique du Jura. Tourné jusqu’ici essentiellement vers l’industrie, la sous-traitance et l’horlogerie, il produit peu de valeur ajoutée, dépend étroitement des fluctuations conjoncturelles et emploie du personnel trop peu qualifié. La stagnation jurassienne est en grande partie liée à ce tissu industriel peu dynamique.

Créée en 2007, Creapole s’applique à amener le changement. Dans les esprits et sur le terrain. Il a ainsi créé un centre de développement informatique aux Franches-Montagnes, au Noirmont, où coexistent plusieurs start-up.

Creapole joue son atout maître aujourd’hui : il veut faire de Delémont un pôle de recherche appliquée pour les medtechs.

Il a lancé le concept en novembre 2010, il le concrétise aujourd’hui, avec l’annonce de l’implantation de l’institut de recherche chirurgicale assistée par ordinateur SICAS, pour Swiss Institute for Computer Assisted Surgery. Un institut qui existe depuis dix ans, installé jusqu’à Zurich, en étroite collaboration avec l’EPFZ et le pôle de recherche nationale CO-ME. SICAS a donné naissance à trois centres de technique médicale à l’EPFZ et dans les universités de Berne et de Bâle. Il a coordonné le travail de près de 550 scientifiques et cliniciens, aboutissant à 770 publications scientifiques, 31 brevets et 10 start-up.

Pourquoi avoir choisi Delémont ? SICAS voulait quitter Zurich où il manquait de visibilité. L’offre jurassienne faite par le président de Creapole, Wolf Zinkl, l’a séduit.

L’implantation de SICAS à Delémont, soutenue par le canton du Jura qui met 400 000 francs de mise de départ et appuiera les programmes par le biais de la Nouvelle politique régionale, est ainsi la première étape du virage jurassien vers les medtechs. D’autres instituts et start-up s’installeront ces prochains mois à Delémont. Et plusieurs entreprises jurassiennes ont déjà émis de l’intérêt pour produire ou développer les produits imaginés par les chercheurs.

Pour autant que le pari un peu fou de Creapole se concrétise, Delémont et le Jura souhaitent à moyen terme se faire une place au soleil dans les medtechs, à proximité de Bâle et de sa région, dont la renommée dans ce domaine n’est plus à faire.