Après près de deux ans de fil à retordre pour le canton, le Jura va pouvoir mettre un point final au dossier des boues d'hydroxydes entreposées dans les galeries du site de Saint-Ursanne. Il a présenté hier une «solution respectueuse des exigences légales et de protection de l'environnement» – Greenpace a salué – qui comprend l'évacuation définitive vers des anciennes mines de sel allemandes des 7 700 tonnes de déchets restants (sur un total de quelque 10 000 tonnes). Une opération qui, a assuré le ministre de l'Environnement jurassien Pierre Kohler, ne coûtera pas un centime au contribuable. L'assainissement complet des galeries de Saint-Ursanne est prévu pour le printemps prochain au plus tard, malgré un retard de quatre mois dans les négociations comme l'a expliqué le président du groupe de travail Marcos Buser. Le coût de l'opération, quelque 3,5 millions de francs, sera couvert par la mise à disposition des galeries pour la mise en décharge des déblais de la construction de la Transjurane, payée à 15 francs le m3 par la Confédération.

Le Temps: Peut-on parler de réussite dans ce dossier?

Marcos Buser: Une réussite énorme. Il faut imaginer la situation dans laquelle nous étions il y a deux ans. On croyait qu'on allait hérité d'une ardoise de 7 millions de francs avec la faillite de l'entreprise Fairtec-DMS qui nous laissait ses boues sur les bras. Finalement, l'opération se révélera blanche, puisque le financement de l'assainissement sera couvert par la Confédération. Tout en comptant que nous devrions récupérer un demi-million de francs du dépôt de garantie de Fairtec bloqué à la Banque Sarasin, avec laquelle le canton est actuellement en litige.

– A quoi était dû le retard de quatre mois dans le dossier?

– Des négociations avec la carrière de Séprais qui voulait également pouvoir disposer des déblais de la construction de la Transjurane ont retardé l'histoire, de même que l'impossibilité d'utiliser le tunnel de la Transjurane pour les évacuer.

– Pourquoi avoir choisi d'envoyer les déchets dans les mines de sel de Herfa-Neurode, en Allemagne?

– L'évacuation des boues vers l'Allemagne constitue une solution réalisable rapidement et pour une opération financière équilibrée. Au départ, nous souhaitions faire de l'assainissement du site de Saint-Ursanne un cas modèle en employant un procédé de vitrification des déchets. Mais son coût de 7 millions de francs était trop élevé. Une autre possibilité consistait à les stabiliser au ciment, mais une incertitude planait quant à la qualité du résultat.

Propos recueillis par Isabelle Kottelat