Le Jura est le premier canton de Suisse romande à renouveler ses autorités depuis les élections fédérales et le début de la crise sanitaire liée au Covid-19. L'issue de ces élections suscite par conséquent un intérêt qui va bien au-delà de la région et aura valeur de test pour les partis nationaux, selon l'ATS.

Les cinq ministres, qui briguent un nouveau mandat, devraient bénéficier de la prime aux sortants. Cet atout est accentué par leur gestion de la crise du Covid-19. Le gouvernement, et en particulier le ministre PLR de la santé et de l'économie Jacques Gerber, sort renforcé de la crise malgré une hausse des cas ces derniers jours.

L'élection pourrait donc déboucher sur le statu quo avec un exécutif de centre-gauche avec deux socialistes, un PCSI, un PDC et un PLR. Mais ce scénario constituerait un revers pour le PDC qui veut retrouver son second siège perdu en mars lors de l'élection complémentaire au profit du Parti socialiste (PS).

Stratégie du PDC

Longtemps premier parti du Gouvernement jurassien, le PDC avait échoué à conserver le siège laissé vacant avec le départ de Charles Juillard. Pour le reconquérir, le parti s'est lancé dans la course avec le ministre sortant Martial Courtet et le maire d'Alle Stéphane Babey.

De l'avis des observateurs, c'est le siège du PCSI David Eray qui semble être le plus menacé. Certains dossiers en mains du ministre ont été contestés comme la géothermie profonde ou les éoliennes. Dans un canton où les réflexes régionalistes restent très présents, l'élu du Parti chrétien-social indépendant pourra compter sur les voix des électeurs de son fief des Franches-Montagnes.

Plus important parti au lendemain des élections fédérales, le PS veut conserver ses deux sièges. Il présente un ticket féminin avec Nathalie Barthoulot et Rosalie Beuret Siess. Leur réélection paraît assurée tout comme celle du ministre PLR Jacques Gerber.

Les chances d'un candidat issu d'une autre formation d'accéder au gouvernement sont jugées plutôt faibles. L'UDC, les Verts, la gauche alternative CS-POP et des Vert'libéraux, des nouveaux-venus sur la scène politique jurassienne, sont également en course.

Ambition des Verts au Parlement

Les jeux sont très ouverts pour le Parlement, où 457 candidats se disputent les 60 sièges. Les Vert'libéraux, le PEV et la formation «Avenir de Bonheur» présentent une ou plusieurs listes pour la première fois.

Le score des Verts sera scruté avec une attention particulière par les états-majors des partis nationaux. Les écologistes jurassiens tenteront de confirmer au niveau cantonal leur bon résultat enregistré lors des élections fédérales.

Il y a cinq ans, le PDC avait obtenu 17 sièges, le PS 12, le PLR 9, le PCSI 8, l'UDC 8, les Verts 4 et la gauche alternative CS-POP 2. En cours de législature, 3 élus ont quitté le PDC à la suite de l'affaire Pauline Queloz. L'élection au législatif pourra donner un signal en vue du probable second tour au gouvernement le 8 novembre.

Campagne sous le signe du Covid

En raison de la recrudescence des contaminations au Covid-19, plusieurs partis ont décidé d'annuler leur stamm. C'est toute la campagne électorale qui s'est déroulée dans un contexte particulier avec les mesures sanitaires. Les candidats et les partis ont dû modifier leur approche en gardant une certaine distance avec les électeurs, renonçant aux poignées de main.

Les prétendants à un siège au gouvernement ou au parlement n'ont pas pu faire campagne lors des manifestations emblématiques du canton du Jura comme le Marché Concours national de chevaux à Saignelégier, le Chant du Gros ou lors des fêtes de village.