Valais

La justice condamne Jean-Luc Addor pour discrimination raciale

Le conseiller national UDC écope d’une peine pécuniaire avec sursis pour ses propos tenus sur les réseaux sociaux après une fusillade à la mosquée de Saint-Gall en 2014

Le tribunal du district de Sion a condamné le conseiller national Jean-Luc Addor (UDC/VS) pour discrimination raciale. Il écope d’une peine pécuniaire avec sursis pour ses propos tenus sur les réseaux sociaux après une fusillade à la mosquée de St-Gall en 2014.

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En écrivant «On en redemande!» sur ses comptes Twitter et Facebook dans les minutes qui ont suivi la fusillade du 22 août 2014 qui a fait un mort, Jean-Luc Addor a contrevenu à la norme pénale contre la discrimination raciale, indique le tribunal du district de Sion jeudi dans un communiqué. L'instance a condamné le conseiller national valaisan à une peine pécuniaire de 60 jours-amende à 300 francs l'unité avec un sursis de deux ans, suivant de près le procureur général adjoint Jean-Pierre Gretter qui avait requis 75 jours-amende avec deux ans de sursis.

Message discriminatoire

Lors du procès le 23 mai dernier, Maître Marc Bonnant s'était attaché à démontrer que son client avait pratiqué «l'antiphrase», soit une forme d'ironie qui revient à dire le contraire de ce que l'on pense. Le tribunal a toutefois estimé qu'un «lecteur moyen non averti ne pouvait déceler dans le tweet litigieux une quelconque ironie».

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Selon le tribunal, les propos de Jean-Luc Addor ont donné «l'impression qu'en raison de leur appartenance religieuse, les membres de la communauté musulmane étaient des êtres dont la vie était de moindre valeur». Le message «discriminatoire était objectivement propre à créer, renforcer ou soutenir une attitude hostile envers la communauté musulmane».

Charia valaisanne

Pour Me Marc Bonnant, qui avait demandé l'acquittement de son client, la décision du tribunal de Sion prouve que «l'islam radical instrumentalise la justice suisse» et démontre que «les juges de Sion appliquent la charia sans le vouloir car ils interdisent la critique de l'islam». L'avocat genevois ne se prononce pas encore sur un éventuel recours au tribunal cantonal.

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Ancien juge d'instruction, membre du barreau valaisan, Jean-Luc Addor était élu au Grand Conseil valaisan et candidat à la candidature pour le Conseil national au moment des faits. Ses propos ont été dénoncés par le Conseil islamique suisse, mais la discrimination raciale est une infraction poursuivie d'office.

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