«En 2003, la justice genevoise a coûté en moyenne à chaque citoyen genevois 11,58 francs par mois, soit à peine trois cafés! C'est peu pour une cité considérée comme un centre international et financier.» Le procureur général de la République, Daniel Zappelli, n'a pas lésiné sur les comparaisons pour faire passer son message en présentant hier à la presse le compte rendu de l'activité des tribunaux pour l'année 2003: la justice genevoise est de plus en plus sollicitée mais les moyens ne suivent pas.

«Nous avons réduit nos prétentions»

Pourtant, le nombre des magistrats de carrière a augmenté de 10%, passant de 75 en 2002 à 85 en 2003, grâce notamment à l'adoption du projet de loi renforçant la filière pénale, ainsi qu'à la création du Tribunal cantonal des assurances sociales. «Mais les charges du pouvoir judiciaire représentent encore seulement 1% des dépenses de l'Etat», a déploré Daniel Zappelli. Dans cette perspective, le procureur général a décidé de faire le forcing. Malgré les difficultés budgétaires du canton de Genève en ce début d'année 2004, la Commission de gestion du pouvoir judiciaire s'est directement opposée au Conseil d'Etat en demandant dix postes supplémentaires, soit une augmentation du budget de 2,5 millions de francs.

«Nous avons réduit nos prétentions étant donné la situation du canton, mais nous n'avons pas voulu négocier sur les postes», a encore précisé Daniel Zappelli. Des postes qui représentent en partie la dernière tranche d'un accord qui avait été passé en 1999 avec le Grand Conseil, prévoyant l'attribution de 25 postes en cinq ans. Étant donné le contexte financier difficile que traverse le canton de Genève, le gouvernement est resté intransigeant. Conformément à la loi sur l'organisation judiciaire votée en 2000, le Grand Conseil genevois devra donc trancher entre deux propositions différentes de budget: celle du Conseil d'Etat et celle de la commission.