Nouvelle journée de suspense et d'angoisse, mardi, pour les deux ressortissants suisses toujours emprisonnés au Guatemala dans le cadre du «procès Nestlé». La Chambre pénale de la Cour suprême devait en effet examiner à 11 heures, heure locale (18 heures en Suisse), le recours en cassation intenté par le Parquet contre le verdict de clémence dont ils avaient bénéficié, en Cour d'appel, le 12 février dernier.

Poursuivis pour trafic de drogue, Nicolas Haenggi avait alors été condamné à trois ans de prison et Silvio Giovanoli à cinq ans. Ils voyaient ainsi considérablement réduite la peine incompressible de vingt ans de prison que leur avait infligée en première instance le «tribunal de sentencia» le 25 septembre de l'année dernière. Ces nouvelles peines étant «rachetables» contre une amende, les deux hommes auraient déjà été remis en liberté si le procureur ne s'était pourvu en cassation.

Rappel des faits: le 26 avril 1997, la police découvrait 13 kilos de cocaïne dans un conteneur de plantes florales en partance pour l'Allemagne. Le responsable de ce trafic, un Allemand, Harmut Zerch, était ensuite arrêté à Hanovre, où il a été condamné à sept ans de prison. Mais la police guatémaltèque interpellait en août six suspects, dont le directeur de l'usine Nestlé implantée à Antigua, Andréas Haenggi, 61 ans. Elle reprochait à celui-ci d'avoir commandité le conteneur litigieux pour aider son fils Nicolas, 24 ans, un employé de la société horticole servant de couverture au trafiquant allemand, à expédier la drogue. Silvio Giovanoli, 30 ans, était quant à lui le gérant de cette société.

Malgré leurs protestations d'innocence, les trois hommes avaient été condamnés en première instance. Puis la Cour d'appel réduisait les peines de Nicolas Haenggi et de Giovanoli, et acquittait Andréas Haenggi, qui a quitté depuis le Guatemala, se mettant ainsi à l'abri du verdict de la Cour de cassation, attendu dans la nuit.

Ce jugement en appel avait suscité une polémique au Guatemala, le ministre de l'Intérieur reprochant au gouvernement suisse d'avoir exercé des «pressions politiques» sur le juge (destitué depuis), par l'intermédiaire de son ambassadeur à Guatemala, Christian Hauswirth.