Lundi à 14 heures, c’est devant le Tribunal militaire 7 de Coire que s’ouvrira le procès des deux guides impliqués dans l’accident de la Jungfrau. Pourquoi la capitale grisonne? Parce que ce tribunal s’occupe des cas liés aux membres de l’armée stationnés dans les cantons d’Uri, Zoug, Schwyz et Grisons. Or, l’accident fatal a concerné cinq recrues et un sergent de l’école d’Andermatt (UR).

Ce drame a lancé la discussion sur l’opportunité d’une enquête menée par la justice militaire. En effet, ses membres portent l’uniforme. Les critiques face à cette justice parfois jugée «partiale» ont été ravivées. En automne 2008, le Conseil des Etats a transmis tacitement au Conseil fédéral un postulat demandant de se pencher sur le transfert de la justice militaire à la justice civile et d’élaborer un rapport.

La composition du tribunal est soumise à un système de milice, et décidée au cas par cas par le Conseil fédéral. Pour ce procès de Coire, le président est Felix Egli, colonel et juriste, intégré dans la justice militaire. Les quatre juges sont issus de la troupe: trois gradés et un soldat. Le rôle d’auditeur, soit celui qui soutient l’accusation, est assuré par le major Maurus Eckert.

Le dossier de l’enquête menée par le juge d’instruction n’est pas connu des juges qui apprécient l’affaire au cours des débats. Du côté de la défense, le tribunal nomme un défenseur d’office qui, lui, n’est pas membre de la justice militaire mais admis à l’exercice d’avocat en Suisse.