Au niveau judiciaire, deux enquêtes distinctes en rapport avec les OPF sont en cours. Il y a d'abord la procédure pour gestion déloyale des intérêts publics destinée à mettre au jour les dysfonctionnements qui pourraient aller au-delà de la simple légèreté. Conduite par le juge Stéphane Esposito, cette instruction n'a pour l'instant donné lieu à aucune inculpation. La seconde enquête, menée par la juge Christine Junod, a trait au détournement de quelque 3,5 millions de francs opéré par un commis administratif, lequel se trouve toujours sous les verrous.

Arrêté en juillet dernier à la suite d'un contrôle de l'Inspection cantonale des finances, le fonctionnaire indélicat, employé à l'Office d'Arve-Lac, a admis s'être servi d'environ 2 millions sans toutefois exclure que le montant des malversations puisse être plus élevé. Défendu par Me Yvan Jeanneret, le prévenu soutient avoir agi seul tout en bénéficiant de l'aveuglement général. Durant dix ans, lors de chaque liquidation de poursuite ou de faillite, il explique avoir glissé un bulletin de versement portant son nom et son numéro de compte salaire dans la pile qui devait être visée par la comptabilité et contresignée par deux fois. L'employé prenait soin de ne jamais dépasser les montants des émoluments dévolus à l'Etat de sorte qu'aucun créancier n'a jamais été lésé. L'Etat, seul donc à subir un préjudice dans cette affaire, ne s'est par ailleurs pas constitué partie civile. Pour l'instant, il n'y a pas trace d'un trésor de guerre. Le fonctionnaire soutient avoir tout dépensé dans les restaurants et les boîtes de nuit tout en faisant largement profiter ses amis de sa générosité.

Quant à la procédure parallèle visant à analyser la portée pénale du cafouillage et des mœurs en vigueur aux OFP, celle-ci s'annonce autrement plus complexe. Le juge Esposito n'exclut pas de futures inculpations. Mais il faudra auparavant déterminer dans de multiples volets qui prenait les décisions, qui les exécutait et qui les contrôlait.