suisse / Argentine

La justice sauve la Casa suiza de Buenos Aires

La justice argentine a estimé ce vendredi que la Maison Suisse faisait partie du patrimoine historique et culturel de la ville de Buenos Aires et ne pouvait être démolie

La justice a sauvé vendredi de la démolition la Maison Suisse d’Argentine, un immeuble Art Déco où a chanté Carlos Gardel et qui a servi de refuge aux Mères de la Place de mai sous la dictature (1976-1983), a annoncé un représentant des ONG mobilisées.

La justice a décidé que la Maison Suisse fait partie du patrimoine historique et culturel de la ville de Buenos Aires et ne peut être démolie, a déclaré à la presse l’avocat Lisandro Teskiewicz, représentant des ONG qui s’opposaient à la destruction de ce fameux bâtiment.

La nouvelle a provoqué une explosion de joie face à la Maison Suisse parmi des membres de l’ONG Basta de Demoler (Assez de démolitions) et de l’association Misibamba, qui regroupe des descendants d’Afro-Argentins, venus manifester au rythme du candombe, musique noire du Rio de la Plata, dans l’attente d’un arrêt favorable.

La Maison Suisse, dont la façade Art Déco date de 1937 et qui a accueilli les premiers immigrés suisses en Argentine dès 1895, a également été au XXe siècle une salle de concert renommée pour la musique coloniale africaine du Rio de la Plata, dont elle devenue un symbole.

La mairie doit encore prendre acte

La mairie en a déjà été informée, a expliqué l’avocat. Elle a jusqu’à mercredi pour répondre et si elle ne respecte pas l’arrêt, nous verrons quelles mesures nous prendrons, a-t-il ajouté. Nous voulons qu’on empêche la démolition et que cette salle soit de nouveau un lieu culturel, avait dit peu avant la décision de justice l’anthropologue Pablo Cirio, membre de Misibamba.

Pour l’ambassadeur suisse, Johannes Matyassy, il y a une réaction émotionnelle, mais il faut faire quelque chose et voir quelles sont les solutions de substitution pour la financer. Ceux qui protestent doivent voir quelles sont les options, avait-il dit à l’AFP avant l’arrêt.

La Maison Suisse a une valeur historique et symbolique très importante, mais tout le monde réalise qu’elle ne peut pas continuer dans cet état, avait fait valoir l’ambassadeur, soulignant qu’il n’y avait pas de lien entre son pays et l’immeuble, une propriété privée.

La chanteuse de tango et députée de la ville (opposition) Susana Rinaldi avait demandé des explications à la mairie. Les membres de la Société philanthropique suisse auraient accepté de vendre cher ce terrain en échange de quelques étages dans un nouveau bâtiment, avait-elle déploré.

Les Mères de la Place de Mai y avaient trouvé refuge pendant trois jours au début de la dictature, alors qu’elles cherchaient leurs enfants disparus et se trouvaient en danger de mort.

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