Bernard Russi, président de l'Association vaudoise des établissements privés (AVEP), n'hésite pas à traiter de «tissu de mensonges» l'information, révélée par La Liberté, selon laquelle une enquête pénale est en cours contre lui, dans le cadre de sa fonction de directeur de la résidence Bristol à Territet, qui fonctionne comme EMS. Pourtant, le juge Nicolas Cruchet confirme qu'il instruit bien «une plainte le concernant, déposée à la fin de l'année par une employée de l'établissement». Il semble que cette plainte dénonce une malversation. Certes Bernard Russi, également responsable d'un EMS à Morges, n'a pas encore été convoqué, indique le juge lausannois, «mais il est informé qu'une enquête est en cours».

Nicolas Cruchet ne veut pas dévoiler les reproches faits à Bernard Russi par le plaignant. Cependant, il annonce qu'il examinera de près la comptabilité de l'établissement vaudois afin d'y déceler d'éventuelles irrégularités. Si elle débouche sur une inculpation, cette enquête pénale accentuera certainement le discrédit qui plane déjà sur les EMS privés vaudois, depuis qu'au mois de mars le Contrôle cantonal des finances a jugé le plan de gestion de la plupart d'entre eux «insatisfaisant». Une critique avait également concerné le salaire élevé des directeurs de ces EMS. Pour Pierre Rochat, membre du comité de l'Association vaudoise des établissements médico-sociaux (AVDEMS) et député au Grand Conseil, si cette affaire est exacte, «elle démontre que tous les efforts entrepris pour sortir l'AVEP de la direction de l'AVDEMS s'avéraient opportuns».