Le procureur général genevois ne lâche pas prise dans les remous internes de la Cour des comptes. Selon un communiqué émis hier par la présidence du parlement, Olivier Jornot demande aux députés de lever l’immunité de Daniel Devaud et Stéphane Geiger. L’inimitié de ces magistrats titulaires de la Cour défraie la chronique depuis l’été. Le Ministère public avait déjà perquisitionné, le 23 octobre, le bureau de Daniel Devaud, accusé d’avoir violé son secret de fonction après avoir transmis les ébauches d’un audit à plusieurs membres du parlement.

Au Palais de justice, on confirme que c’est à ce titre que le parquet demande au parlement d’accorder une autorisation de poursuite concernant Daniel Devaud. Le fait que Stéphane Geiger se retrouve lui aussi dans la cible des procureurs est en revanche une nouveauté. Celui-ci fait l’objet d’une plainte pénale de Daniel Devaud pour voies de fait et séquestration, indique Sophie Bernard, porte-parole du troisième pouvoir. Le jour de la perquisition, Daniel Devaud s’était plaint d’avoir été molesté et retenu dans son bureau par son collègue, qui avait de son côté démenti toute violence. En septembre, Stéphane Geiger avait projeté un seau d’eau contre son ennemi. En août, la Cour avait alerté le parlement sur les dysfonctionnements en son sein. Les méthodes de Daniel Devaud, élu à la Cour en 2011 suite au départ précoce d’une magistrate, ont déplu au sein de l’organe. Lui-même s’est plaint d’obstructions de la part du reste de la Cour.

A huis clos

Le président du Grand Conseil indique que la levée de l’immunité sera examinée à huis clos par la commission législative du parlement. Celui-ci se prononcera ensuite en plénum, lors d’une séance également confidentielle.

Ni Daniel Devaud ni Stéphane Geiger ne se présentent lors du premier renouvellement de la Cour des comptes, qui a lieu ce dimanche. Cette élection est maintenue, en dépit d’un recours interjeté par des membres de l’UDC qui se plaignaient d’un matériel électoral jugé confus. Leur recours vient d’être écarté par la Chambre administrative de la Cour de justice. Celle-ci a estimé que «les documents remis aux électeurs […] sont conformes aux exigences légales». Les plaignants renoncent à recourir à un échelon supérieur.