«Notre chef historique s’est senti offensé» par cette mesure, a affirmé mardi l’ambassadeur de Libye à Madrid Ageli Abdussalam Breni, cité mercredi par le journal «El Pais».

L’Union européenne (UE) doit publier d’ici dimanche une déclaration comprenant des «excuses claires», a déclaré M. Breni lors d’une conférence de presse dans la capitale espagnole. La Libye ne normalisera ses relations avec l’UE et ne lèvera l’interdiction d’entrée sur son propre territoire pour les ressortissants de l’espace Schengen qu’à cette condition.

L’idée d’excuses de l’UE a été établie lors d’une rencontre entre le ministre espagnol des affaires étrangères Miguel Angel Moratinos et le chef de l’Etat libyen Mouammar Kadhafi le 7 mars à Tripoli, a affirmé M. Breni, selon «El Païs».

Selon une source diplomatique, M. Moratinos n’aurait pas rendu public cet arrangement, la Suisse y étant opposée, écrit encore le journal. L’arrangement sous-entendait en effet que Berne reconnaissait avoir enfreint les règles de Schengen. L’Espagne, qui assure actuellement la présidence tournante de l’UE, assume un rôle de médiatrice entre la Suisse et la Libye.

Au total, 29 Etats font partie de l’espace Schengen, dont la Suisse, non-membre de l’UE. Berne avait demandé l’an dernier une interdiction d’entrée dans l’espace pour plusieurs personnalités libyennes suite à l’arrestation de deux hommes d’affaire suisses à Tripoli.

Selon M. Breni, 188 personnes figurent sur cette «liste noire». Un petit-fils du dirigeant libyen âgé de trois ans y serait également inscrit, d’après l’ambassadeur.