Karin Keller-Sutter (SG) et Hans Wicki (NW) sont les champions que le groupe PLR a choisis ce vendredi à Berne, à l’issue d’un examen approfondi et de délibérations qui se sont prolongées tout l’après-midi. L’Assemblée fédérale se prononcera le 5 décembre prochain sur celui ou celle qui succédera à Johann Schneider-Ammann au Conseil fédéral.

«Ce vote me donne de la force pour la suite»

Par 38 voix sur 41, la présidente du Conseil des Etats et ancienne exécutive de Saint-Gall a été élue haut la main dès le premier tour. Elle confirme ainsi son statut de favorite.

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Hans Wicki, conseiller d’Etat nidwaldien et homme d’affaires au long cours, a été choisi par 29 suffrages sur 41, dans le but de «laisser un choix au parlement», selon le président du groupe PLR de l’Assemblée fédérale, Beat Walti. Hans Wicki figure également sur le double ticket pour représenter une région «sous-représentée à Berne», la Suisse centrale.

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«Le plébiscite de Karin Keller-Sutter montre l’enthousiasme qu’une femme PLR au Conseil fédéral suscite au sein de notre parti», a renchéri Beat Walti. La présidente du Conseil des Etats et ancienne ministre cantonale de Saint-Gall a pour sa part chaleureusement remercié ses collègues à l’issue des délibérations: «Ce vote me donne de la force pour la suite.» En marge de la conférence de presse, la conseillère nationale Isabelle Moret (PLR/VD) a elle aussi espéré que le choix d’une femme serait privilégié.

Je suis naturellement déçu, mais j’ai l’esprit sportif et accepte de bon cœur ma défaite

Christian Amsler, conseiller d’Etat schaffhousois

Christian Amsler, conseiller d’Etat schaffhousois, est donc exclu du double ticket, sans que son score soit communiqué. «Je suis naturellement déçu, mais j’ai l’esprit sportif et accepte de bon cœur ma défaite.» La décision de ne pas le retenir est peut-être due à son éloignement de la Berne fédérale, lui qui n’a jamais brigué de mandat sous la Coupole. Ou alors à la commission d’enquête du parlement schaffhousois qui vise son Département de l’éducation en raison de pratiques douteuses de la clinique dentaire scolaire, qui en dépend. Interrogé à ce sujet, Beat Walti nous a indiqué que la chose avait été débattue, mais n’avait pas suscité d’émoi. «Je ne pense pas que cela ait joué un rôle dans la décision.»

Le bout du tunnel en vue

La route sera encore longue avant le vote définitif de l’Assemblée parlementaire, dans trois semaines. Les six autres groupes vont auditionner les candidats lors de la session qui démarre le 26 novembre.

Cependant, l’ensemble des observateurs de la politique fédérale s’accorde à estimer que le ticket proposé est crédible: les deux candidats ont une expérience dans un exécutif cantonal et au parlement fédéral aussi bien que dans le privé. Cela dit, l’enthousiasme pour Karin Keller-Sutter est tel que sa voie paraît toute tracée.