La ministre de la justice Karin-Keller-Sutter a loué à Schaffhouse la concordance et la capacité de compromis de la Suisse dans la gestion des crises majeures, comme celle du coronavirus. Dans son discours lors de la fête nationale, elle a tiré un parallèle avec 1918.

A cette époque, la grippe espagnole faisait rage, la grève nationale secouait la Suisse et dans le même temps, la représentation proportionnelle était introduite au Conseil national. La maladie et la guerre alimentaient la confrontation dans le pays et non le compromis.

La paix intérieure de la Suisse était en jeu, a rappelé samedi à Schaffhouse la conseillère fédérale. Le système de représentation à la proportionnelle a contribué à faire évoluer le pays vers une démocratie moderne et la concordance. Le fait que les représentants de quatre partis politiques aient dû s'entendre a aussi contribué à la confiance de la population.

Appel à la cohésion

«Au-delà du clivage politique, nos parents et grands-parents ont ainsi créé un Etat suffisamment sain et fort pour pouvoir protéger ceux dont la vie est menacée dans une crise comme celle que l'on vit cette année, et pour soutenir ceux qui ont dû fermer leur exploitation ou ont perdu leur emploi», a souligné la St-Galloise.

Cette cohésion a été clairement démontrée ces derniers mois lorsque la population de cantons comme celui de Schaffhouse s'est montrée solidaire avec les mesures contraignantes prises pour protéger l'ensemble de la population, alors même que le canton était nettement moins touché que le Tessin ou la Suisse romande.

Des institutions fortes et une base économie solide sont essentielles, tout comme la cohésion et la volonté de former une nation. Ce ne sont pas les extrêmes qui ont permis au pays de surmonter différentes crises et épreuves depuis 1291. Selon Karin Keller-Sutter, la Suisse n'est un exemple de réussite que parce que les forces politiques et sociales ont jusqu'ici réussi à s'entendre et à se rassembler.

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Votations fédérales en ligne de mire

Des décisions «avec le sens de la mesure» seront aussi demandées au peuple le 27 septembre, lorsqu'il se prononcera sur cinq objets fédéraux. La ministre PLR a saisi l'occasion pour rappeler la position du Conseil fédéral. La suppression de la libre circulation des personnes, comme l'exige l'initiative de limitation de l'UDC et de l'ASIN, mettrait en péril les accords bilatéraux avec les principaux partenaires commerciaux de la Suisse.

Concernant l'initiative «pour des multinationales responsables», Karin Keller-Sutter s'est prononcée contre «des règles spéciales pour les entreprises suisses». Celles-ci les désavantageraient dans la concurrence internationale.