éditorial

Karin Keller-Sutter, la perle rare du PLR

EDITORIAL. Pourquoi la Saint-Galloise est la candidate idéale pour le Conseil fédéral

Quel CV! Douze ans d’expérience au Conseil d’Etat saint-gallois, sept ans au Conseil des Etats à Berne, qu’elle préside actuellement de manière souveraine, sans parler de mandats au sein de prestigieux conseils d’administration comme ceux de Bâloise Assurances ou de la NZZ. Karin Keller-Sutter est une perle rare. Pour le PLR, pour les femmes et pour la Suisse romande.

Elle est une chance pour le PLR, dont les deux derniers conseillers fédéraux ont connu une fin de carrière pénible. L’an passé, le Neuchâtelois Didier Burkhalter, malgré une année flamboyante lorsque la Suisse a assumé la présidence de l’OSCE en 2014, a tiré sa révérence en laissant le dossier européen en plein chantier. Quant à Johann Schneider-Ammann, il est toujours resté entrepreneur, brillant lorsqu’il s’agissait de signer des accords bilatéraux de libre-échange, mais peu à l’aise à l’heure de négocier avec les paysans ou les syndicats sur le front intérieur.

Une candidature qui arrive à point nommé

Dès lors, la candidature de Karin Keller-Sutter arrive à point nommé à l’heure où le Conseil fédéral risque de ne plus compter qu’une seule femme après le départ de Doris Leuthard. Elle est aussi la seule à pouvoir sauver l’honneur des femmes au sein d’un parti qui n’a aucune politique volontariste pour promouvoir sa relève féminine. Et elle est encore la seule à pouvoir enfin effacer le traumatisme vécu après la démission d’Elisabeth Kopp en 1989. Après la Zurichoise, Christiane Langenberger, Christine Beerli, Martine Brunschwig Graf et enfin Isabelle Moret ont toutes échoué dans leur quête du pouvoir suprême, le plus souvent sans démériter.

Grâce à un parcours sans faute au Conseil des Etats où elle est désormais l’une des personnalités les plus influentes, Karin Keller-Sutter a aujourd’hui corrigé son image, se posant en politicienne pragmatique – qu’elle était d’ailleurs déjà en 2010. Mais à l’époque, la gauche n’avait retenu que la «dame de fer» dans le dossier de l’asile, occultant le fait qu’elle s’était battue pour un local d’injection pour toxicomanes à Wil ou que, grâce à elle, son canton avait fait œuvre de pionnier dans le combat contre la violence domestique et le hooliganisme. Une politique courageuse qui lui avait valu bien des insultes et des menaces.

Un atout pour les PLR romands

Karin Keller-Sutter est aussi une chance pour la Suisse romande. En tant qu’interprète, elle est plurilingue et multiculturelle. Elle maîtrise parfaitement l’allemand, le français et l’anglais, tout en comprenant l’italien. Elle rappelle souvent qu’une langue n’est pas qu’un instrument, mais qu’elle représente surtout l’expression d’une culture. Ses études – de Neuchâtel à Montréal – l’ont ouverte au monde francophone. Lors des prochaines élections fédérales, elle sera un atout pour les PLR romands, dorénavant privés de Conseil fédéral, alors que ce parti est beaucoup plus fort de ce côté-ci de la Sarine.

Bref: Karin Keller-Sutter est une chance pour la Suisse tout entière.

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