De retour en Suisse après avoir été arrêté vendredi dernier en Turquie, Christian Varone, le commandant de la police cantonale valaisanne, donnera une conférence de presse ce matin à Savièse. Il avait été interpellé à l’aéroport d’Antalya après la découverte dans ses bagages d’un caillou ramassé près d’un site archéologique. Karl Reber, qui travaille sur le site d’Erétrie situé sur l’île d’Eubée en Grèce, met en garde contre la tentation d’«emporter un souvenir».

Le Temps: Ramasser un caillou à proximité d’un site archéologique, c’est de l’inconscience ou de la naïveté?

Karl Reber: Ce qui arrive à Christian Varone sera peut-être utile pour rendre les touristes plus attentifs aux risques qu’ils encourent. Beaucoup d’entre eux ne savent pas que certains pays, comme la Grèce, la Turquie et l’Italie ont des lois strictes concernant le vol de biens culturels. Je le constate sur le site archéologique d’Erétrie: il y a de nombreux cailloux et petits morceaux de céramiques qui jonchent le sol, et les touristes sont tentés de les ramener comme souvenirs. En Grèce aussi, on risque la prison pour ça.

– La réaction de la Turquie n’est-elle pas exagérée?

Il est normal que les pays dotés d’un riche patrimoine archéologique aient des lois strictes contre le vol de biens culturels. Il faut aussi se rappeler que la Suisse n’a pas forcément une bonne réputation dans ce domaine. Bâle et Genève ont longtemps été des plaques tournantes du trafic illégal d’objets archéologiques en provenance de Grèce, d’Italie et de Turquie. Ce n’est qu’au début des années 2000 que la Suisse a ratifié une convention de l’Unesco datant de 1970 et concernant les mesures à prendre pour interdire et empêcher l’importation, l’exportation et le transfert illicites des biens culturels.