Kaspar Villiger a finalement pris position jeudi sur les projets de taxes énergétiques. «Il est juste d'approuver une imposition raisonnable de l'énergie dans la mesure où elle est restituée à la population et à l'économie et neutre sur le plan fiscal. Je peux donc soutenir la norme fondamentale (ndlr: la redevance incitative qui prévoit un allégement des charges salariales). Sur ce point, ma position n'a pas changé», a-t-il expliqué.

Prudence

En s'exprimant ainsi devant la presse économique et parlementaire, le ministre des Finances apporte sa contribution à la campagne menée par Moritz Leuenberger. Kaspar Villiger approuve la redevance incitative, car celle-ci ouvre la porte à la réforme fiscale écologique qu'il a dans ses tiroirs. «Ces deux propositions ne sont pas très éloignées l'une de l'autre. Je crains cependant qu'un non le 24 septembre ne repousse de plusieurs années l'intégration de la composante écologique dans notre système fiscal. Pourrait-on revenir avec un nouveau projet si un non sort des urnes? Pourrait-on à la rigueur le faire si le rejet était par exemple inférieur à 59,5%? Dans un tel cas de figure, il faudrait en tout cas en analyser les raisons», suggère-t-il prudemment.

Kaspar Villiger n'est en revanche pas favorable au contre-projet à l'initiative solaire. «J'ai de la compréhension pour les réserves émises envers ce projet, car il accroît la quote-part fiscale et contredit ainsi les lignes directrices que nous avons fixées pour les finances fédérales», a-t-il expliqué. Son engagement dans la campagne n'ira donc pas plus loin. Cela oblige Moritz Leuenberger, qui a déjà obtenu le soutien des cantons de montagne (début juillet), des directeurs cantonaux de l'Energie (jeudi à Glaris) et du comité romand pour le triple oui (ce lundi à Lausanne), à chercher une autre solution (Adolf Ogi? des parlementaires?) s'il espère encore organiser la conférence de presse multicéphale qu'il comptait mettre sur pied avec Kaspar Villiger.

Jeudi, Kaspar Villiger a aussi évoqué la question des finances fédérales. Il a confirmé que l'exercice 1999 bouclerait dans les chiffres noirs, alors qu'un déficit de 1,8 milliard était prévu. Pour l'an prochain, le Conseil fédéral, qui s'est penché sur la question mercredi après-midi, envisage un déficit de 500 millions. Pour atteindre cet objectif, il faut encore trouver 200 millions à économiser, ce qui devrait être fait d'ici à mercredi prochain.