Affaire Buttet

Pour Kathrin Bertschy, les élues ont besoin d'«une cellule de soutien» contre le harcèlement

La conseillère nationale bernoise est la coprésidente d’Alliance F, un organisme regroupant toutes les sociétés féminines suisses. Au lendemain de l’affaire Buttet, l’élue vert'libérale réclame une aide professionnelle pour les femmes à Berne

Mercredi 29 novembre, Le Temps révélait que Yannick Buttet (VS/PDC) était visé par une plainte pénale en Valais, après avoir été interpellé dans le jardin d’une femme avec laquelle il avait entretenu une affaire extraconjugale, dans la nuit du 18 au 19 novembre. Plusieurs élues et journalistes évoquaient également dans nos pages un comportement inapproprié du conseiller national à Berne. Ce dernier a été suspendu jeudi 30 novembre au matin de la vice-présidence du Parti démocrate-chrétien suisse.

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Le Temps: Cette affaire vous surprend-elle?

Kathrin Bertschy: Non, car le sexisme est un problème que nous connaissons malheureusement partout dans la société. Par conséquent, qu’une affaire éclate au parlement ne me surprend pas. Je ne veux pas me prononcer sur le volet valaisan de l’affaire concernant Yannick Buttet. En revanche, si les faits que lui reprochent plusieurs de mes collègues sont avérés, alors un tel comportement est inacceptable et il devra en tirer les conséquences.

Doit-on attendre du parlement un comportement plus exemplaire que celui de la société?

J’attends un comportement respectueux de tous les hommes de la société en général. Nous vivons encore, en Suisse aussi, dans un patriarcat qui ne dit pas son nom. Les droits des femmes ne sont toujours pas respectés ni pris au sérieux. Quant au parlement, il est le miroir de la société. Il n’est ni meilleur, ni pire. A cette différence qu’il y siège encore beaucoup plus d’hommes que de femmes.

Lire aussi l'article : Harcèlement sexuel en politique: une onde de choc mondiale

Pourquoi sous la Coupole tous les témoignages restent-ils anonymes, alors que la parole des femmes s’est libérée dans la société?

Je ne sais pas quelle est la gravité des actes de harcèlement sexuel commis au parlement. Mais une femme élue est une personne publique qui risque sa carrière autant que celle du harceleur en dénonçant ses actes. Il faut comprendre qu’elle réfléchisse avant de s’exprimer publiquement.

Vous proposez de créer une cellule de soutien pour les femmes du parlement. Qu’apporterait-elle?

De manière générale, les femmes sont plus exposées que les hommes en politique. Elles font l’objet d’insultes et même de menaces, que ce soit sur les réseaux sociaux ou par courrier électronique. Il leur est difficile d’aller à la police pour parler par exemple d’une affaire de stalking pour se retrouver face à un agent qui ne saura guère comment l’aider. Nous avons donc besoin d’une cellule professionnelle où nous pourrions nous exprimer en toute confiance et confidentialité. Nous nous sentirions ainsi mieux protégées. En fin de compte, cela renforcerait les institutions.

Dossier
L'affaire Yannick Buttet

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