Vaud

Kevin Grangier: «Nous devons avoir l’esprit d’une compagnie de grenadiers»

L’UDC vaudoise perd son secrétaire général Kevin Grangier qui ne se reconnaît plus au sein de la direction de son parti

Le Temps: Vous avez toujours dit que vous ne cumuleriez pas le poste de secrétaire général du parti avec une fonction d’élu. Est-ce pour cette raison que vous démissionnez aujourd’hui?

Kevin Grangier: Je me suis en effet toujours imposé cette discipline, histoire de ne pas tout mélanger. Mais non, je ne vais remplacer aucun élu, je n’ai simplement plus la même vision que la majorité de la direction de mon parti.

– Vous n’êtes pas fait du même bois que votre président cantonal, Jacques Nicolet, qui représente une ligne plus agrarienne. Le parti vaudois ne se sort toujours pas de ce grand écart historique?

– J’ai une vision, la majorité de la direction du parti en a une autre, je pars. Pour moi, l’échec de notre section aux élections cantonales de ce printemps a sonné l’alarme. Nous y avons perdu des voix, raté nos objectifs, il fallait donc se remettre en question, ce que la direction semble avoir de la peine à faire. D’après moi, nos électeurs risquent de ne plus se reconnaître au sein de notre parti, qui doit se renforcer sur ses fondamentaux.

– A quoi aimeriez-vous que le parti ressemble?

– Nous devons avoir l’esprit d’une compagnie de grenadiers dans laquelle les cadres se lèvent avant tout le monde et se couchent les derniers. Nous devons éviter à tout prix de nous reposer sur nos lauriers et de devenir un parti de salon et de petits fours. Que nous soyons agrariens ou blochériens, nous sommes tous patriotes. Je veux retrouver ce que mon parti incarne le mieux: une politique hargneuse qui ne lâche rien sur la sécurité, ni sur la souveraineté. Ma détermination à poursuivre mon engagement est intacte, je le ferai en tant que militant.

– Si vous pouviez changer une chose dans la campagne des élections cantonales de cette année?

– Ma stratégie personnelle était de mener l’assaut contre Béatrice Métraux et de laisser Cesla Amarelle tranquille. On devait attaquer le Conseil d’Etat sur les questions de sécurité et de reconnaissance religieuse.

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