Politique

Kevin Grangier élu à la présidence de l’UDC vaudoise

Engagé pour l’indépendance de la Suisse, il promet un style plus offensif en mettant au premier plan la préférence nationale. Un style qui doit permettre à l’UDC Vaud de redresser la barre d’ici aux communales de mars 2021

Kevin Grangier a été élu facilement jeudi soir à la présidence de l'UDC Vaud, remportant 111 voix lors d'un congrès à Palézieux (VD). Autre candidat déclaré, le peu connu Gabor Fonyodi est arrivé loin derrière avec 16 voix.

«Je veux faire de l'UDC le parti de la préférence nationale, et ceci dans tous les domaines», a expliqué l'élu de 34 ans à Keystone-ATS, en marge de l'assemblée. «Je souhaite par exemple que les Suisses soient prioritaires pour bénéficier du filet social. Je veux une AVS forte, mais avec le mot d'ordre: les Suisses d'abord.»

Pour accompagner ce discours fort, il prône une présence médiatique renforcée, marquant ainsi sa différence: «Je vois les médias comme une opportunité et non comme un risque pour valoriser nos membres et nos idées», ajoute-t-il. Il prévoit d'organiser régulièrement des conférences de presse sur les sujets du moment avec, à chaque fois, d'autres personnalités. Une manière aussi de profiler de nouveaux visages et de favoriser la relève.

Lire l'interview du 12 octobre 2017: Kevin Grangier: «Nous devons avoir l’esprit d’une compagnie de grenadiers»

Cette posture offensive doit permettre à l'UDC Vaud de regagner du terrain. Le parti vient de perdre un siège au Conseil National, passant de quatre à trois élus, et n'a pas réussi à revenir au Conseil d'Etat depuis le décès de Jean-Claude Mermoud en 2011. L'objectif est de redresser la barre d'ici la prochaine grande échéance électorale, les communales de mars 2021.

Engagé politiquement dès 15 ans

Kevin Grangier, père de trois enfants, fêtera ses 35 ans en janvier prochain. Cet indépendant, actif dans le conseil en relations publiques, a grandi à Noville, où il s'est lancé en politique avec son voisin et ami Dylan Karlen, municipal UDC à Villeneuve. Dès ses débuts, il s'engage pour l'indépendance de la Suisse - face à l'Union européenne notamment - , et est membre de l'Association pour une Suisse indépendante et neutre (ASIN). «La souveraineté de la Suisse est au coeur de mon engagement politique», explique-t-il.

Militant dès l'âge de 15 ans, il a cofondé, avec notamment le conseiller national Michael Buffat, les jeunes UDC vaudois en 2002. A 22 ans, en 2008, il est devenu porte-parole adjoint de l'UDC Suisse, puis secrétaire général de l'UDC Vaud de 2014 à fin 2017. Il a dirigé plusieurs campagnes aux niveaux cantonal et fédéral.

Il a quitté son poste de secrétaire général du parti vaudois pour divergences de vues avec la direction qu'il ne trouvait pas assez combative. Il nuance: «j'étais d'accord avec la stratégie, mais j'estimais que le parti ne se donnait pas les moyens de ses ambitions», précise-t-il. Kevin Grangier succède au conseiller national Jacques Nicolet, qui a dirigé le parti durant quatre ans.

Les mots d'ordre de l'UDC pour les votations du 9 février 2020

En début de soirée, l'assemblée s'est également penchée sur l'élection complémentaire du 9 février au Conseil d'Etat vaudois, après la démission de Jacqueline de Quattro. L'UDC a renoncé à une écrasante majorité à présenter un candidat. Le parti a apporté son soutien à la candidature PLR par 97 voix sans opposition et 13 abstentions.

Lire aussi: La dernière affiche électorale de l'UDC fait polémique

Le PLR doit désigner son candidat le 5 décembre prochain. Pressentie depuis plusieurs années, la députée et syndique de Payerne Christelle Luisier est la seule en lice. Elle pourrait affronter dans les urnes un militant de la grève du climat. Ces derniers ont annoncé qu'ils se lanceront dans la course. Un candidat sera tiré au sort dans leurs rangs.

La section vaudoise de l'UDC a également donné ses mots d'ordre pour les votations du 9 février prochain. Elle s'oppose à l'initiative pour des logements abordables et laisse la liberté de vote au sujet de l’extension de la norme contre le racisme aux discriminations et incitations à la haine en raison de l’orientation sexuelle, indique le parti dans un communiqué. L'UDC vaudoise s'écarte ainsi du parti suisse qui a rejeté ce texte à l'unanimité.

Le Comité central a en outre décidé de ne pas soutenir le référendum contre les deux semaines de congé paternité, fait encore savoir le parti. Cela renforce le Röstigraben qui se dessine au sein de l'UDC sur le sujet. Alors que le parti suisse appuie le référendum, les sections cantonales valaisanne et genevoise ont déjà annoncé qu'elles soutiendraient le congé paternité de deux semaines.

Publicité