carnet de campagne

Kevin Morisod, un novice vert qui s'impose

Le Vert du Chablais valaisan mène pour la seconde fois une campagne en vue des élections fédérales. L’expérience emmagasinée en quatre ans, notamment grâce à l’initiative «Stopper le mitage», le place sur la liste principale des écologistes et lui confère un autre statut qu’en 2015

Comment font-ils campagne, avec quels moyens, quelle motivation? Alors que les candidats aux élections fédérales n’ont jamais été aussi nombreux, «Le Temps» suit six d’entre eux sur le terrain pour un carnet de campagne.

Premier portrait: Virna Conti, fougueuse europhobe

Dans le hall du Lycée-Collège de l’Abbaye de Saint-Maurice, Kevin Morisod semble serein. Le Vert ne laisse pas transparaître le stress, légitime, qui doit l’habiter avant le débat qu’il s’apprête à enregistrer pour la télévision locale Canal9. Cet habitant de Collombey-Muraz va croiser le fer avec cinq autres candidats. Depuis sa première campagne pour les fédérales il y a quatre ans, sur la liste des Jeunes Vert-e-s Valais, le jeune homme de 26 ans a pris du galon et emmagasiné de l’expérience.

En janvier 2017, Kevin Morisod est nommé coprésident des Jeunes Vert-e-s Suisse, mais la population l’a réellement découvert près de deux ans plus tard, lors de l’initiative «Stopper le mitage». «Il y avait peu de représentants en Suisse romande, j’ai donc eu une visibilité importante, voire excessive, reconnaît-il. Malgré le résultat défavorable, cette belle expérience m’a permis d’apprendre à travailler avec les médias, même si je demeure un novice.» Un novice que les écologistes valaisans n’ont pas hésité à placer sur leur liste principale cette année.

Avantagé par le thème du débat

Les projecteurs sont allumés, le débat peut commencer. Sur le plateau délocalisé de Canal9, Kevin Morisod ouvre des hostilités, qui, finalement, n’auront d’hostilités que le nom. En une heure, le Vert prend la parole à une dizaine de reprises. Ses interventions sont limpides. Il faut dire que le thème du débat, consacré à la santé et au social, est idéal pour le candidat, qui a obtenu son diplôme de médecine en septembre 2018. «C’était un avantage, c’est vrai. Je maîtrise les dossiers qui concernent la politique de la santé, par contre j’ai dû travailler et étudier beaucoup de matières, au sujet de l’AVS notamment», explique-t-il une fois les caméras éteintes.

Egalement présent sur le plateau pour le Rassemblement Citoyen Valais, Jean-Marie Bornet, l’ancien porte-parole de la police valaisanne, nous interrompt. «Il est très bon», glisse-t-il avant de repartir aussitôt. Kevin Morisod sourit. Cette remarque vient confirmer son ressenti: il a réussi son débat. «C’était intense, mais je suis satisfait. J’ai pu dire tout ce que je voulais dire.»

Kevin Morisod a tenu le choc face à des candidats plus expérimentés, comme les deux conseillers nationaux Philippe Nantermod (PLR) et Benjamin Roduit (PDC), tous deux membres de la Commission de la sécurité sociale et de la santé publique du Conseil national (CSSS). «J’avais déjà débattu contre eux, séparément, lors de la campagne «Stopper le mitage». C’était un peu plus stressant aujourd’hui, puisque leur poste au sein de la CSSS leur offrait l’avantage d’avoir les dernières infos sur les sujets débattus», souligne Kevin Morisod.

Une thèse pour allier carrière professionnelle et activité politique

Il est aux alentours de 19h20, mais la soirée du candidat écologiste n’est pas terminée. Il a rendez-vous dans dix minutes à Monthey, distante d’une dizaine de kilomètres. Les Verts du Chablais valaisan, dont il fait partie, ont invité le philosophe Dominique Bourg pour tenir une conférence intitulée «Adapter nos ambitions politiques à la nouvelle donne écologique».

La campagne est prenante, mais Kevin Morisod aime la politique. C’est l’une des raisons qui l’ont poussé à se lancer dans un doctorat, sur la thématique de l’équité dans le système de santé. «C’était la seule option pour continuer mon engagement, avoue-t-il. Le poste de médecin assistant, et les horaires chargés et peu flexibles qui vont avec, est trop contraignant pour conserver une activité politique.» Mais le Vert sait que ce n’est qu’une question d’années, car, pour lui, le cœur du métier de médecin demeure la relation avec le patient. Et Kevin Morisod ne veut pas passer à côté de cela.


Résumé des enjeux par parti:


Que sont devenus ceux de 2015?

Il y a quatre ans, Le Temps avait déjà accompagné dans leur campagne six jeunes candidats. Que sont-ils devenus?

La présentation des six candidats 2015, en textes et vidéos: Six nouvelles voix à l’assaut de la Berne fédérale

Deux élues

Deux d’entre eux, deux femmes, ont été élues au Conseil national. Il s’agit de la Verte genevoise Lisa Mazzone, qui vise aujourd’hui un siège aux Etats, et de la socialiste zurichoise Mattea Meyer, qui brigue un second mandat.

Un candidat à nouveau

Un troisième, le PDC fribourgeois Blaise Fasel, est à nouveau candidat. Il préside actuellement le Conseil général de la Ville de Fribourg.

Trois cadres politiques

Les trois autres ont fait leur chemin dans la politique cantonale. Michaël Dupertuis est devenu secrétaire général des Vert’libéraux vaudois, Grégory Logean dirige le groupe UDC du Valais romand au parlement de Sion et Nicolas Ruedin est devenu président du PLR neuchâtelois. (Y. R.)

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