L'Allemagne et la Suisse ne souhaitent pas que la question des approches et du bruit autour de l'aéroport de Zurich-Kloten ne se règle que par voie judiciaire. Jeudi, à Berlin, les deux ministres des Affaires étrangères allemand et suisse, Frank-Walter Steinmeier et Micheline Calmy-Rey, se sont prononcés pour une poursuite du dialogue, sur la base des discussions menées jusqu'à présent par les ministres des Transports des deux pays. Les chefs des deux diplomaties souhaitent encourager la reprise des discussions sur le seul dossier qui trouble encore un peu les relations entre Allemagne et Suisse.

Lors de sa première visite officielle à son nouveau collègue allemand, la cheffe du Département des Affaires étrangères a exprimé le souhait que l'avenir de l'aéroport de Zurich soit, cette année encore, soulagé de cette hypothèque. Allemagne du sud et région zurichoise constituent l'une des régions européennes les plus dynamiques et il est «d'une grande importance que l'on puisse maintenir l'efficacité de ces équipements», a insisté la cheffe du DFAE. Après le refus par le parlement suisse de ratifier l'accord sur le trafic aérien, l'Allemagne avait appliqué de manière unilatérale ses propres décisions pour diminuer les émissions de bruit au-dessus de son territoire. Des recours ont été déposés par l'aéroport et des riverains suisses devant les tribunaux allemands.

Frank-Walter Steinmeier a promis d'encourager les ministres et les régions concernés à rouvrir le dossier.

Points de vue sur le Kosovo

Allemagne et Suisse, en raison de la présence d'une forte immigration du Kosovo, sont toutes deux très engagées dans le processus de négociation, ont reconnu les deux ministres. Si la Suisse s'est récemment engagée de manière très claire en faveur de l'accession du Kosovo à l'indépendance, alors que l'Allemagne reste plus en retrait, toutes deux partagent toutefois les mêmes points de vue sur la poursuite du processus.

Après la victoire du Hamas lors des élections palestiniennes, la Suisse a pu constater l'identité des positions entre les deux pays. Alors que le ministre allemand a redit en Israël que, pour l'heure, le Hamas ne saurait être un partenaire de dialogue, la Suisse, tout en reconnaissant le résultat des élections démocratiques, a rappelé qu'elle ne coopérerait qu'avec une autorité palestinienne qui reconnaisse le droit d'Israël à l'existence et renonce à la violence.