Pour la troisième fois en trois semaines, plusieurs milliers de personnes ont manifesté samedi à Berne contre les massacres au Kosovo et pour son indépendance. La manifestation autorisée s'est terminée devant l'ambassade russe. A Zurich, ce sont quelques centaines de Serbes qui ont manifesté.

Alors qu'ils avaient été près de 20 000 lors des deux premières manifestations, 2000 manifestants selon la police et 10 000 selon les organisateurs, ont défilé samedi dans les rues de Berne pour protester contre l'oppression serbe, les massacres et réclamant l'indépendance du Kosovo. Ils se sont rendus ensuite devant l'ambassade de Russie où ils ont demandé à ce pays de ne plus soutenir le gouvernement serbe.

Les manifestants ont également souligné que les Albanais ne voulaient pas faire la guerre contre le peuple serbe, mais appelaient ce dernier à faire tomber un «régime barbare» qui n'apporte aux Serbes eux-mêmes que misère, guerre et mort. La manifestation s'est déroulée sans incident.

A Zurich, une contre-manifestation a réuni samedi après-midi quelque 500 Serbes. Ils ont notamment appelé au boycott du tourisme au Kosovo et ont remis un document au consulat général d'Allemagne. Bonn participe en effet à la recherche d'une solution dans la région. Ils ont dénoncé le terrorisme en général et plus particulièrement au Kosovo.

Parallèlement, plusieurs centaines de personnes se sont rendues dimanche sur le parvis des des droits de l'homme au Trocadéro à Paris, pour demander le maintien du Kosovo au sein de la Serbie.

Refus radical à Belgrade

Ces manifestations se sont déroulées alors que Belgrade durcit sa position. Slobodan Milosevic, le président yougoslave, a refusé vendredi toutes les propositions de Bronislaw Geremek, président de l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE), visant à faire baisser la tension au Kosovo. La province est peuplée à 90% d'Albanais qui refusent l'autorité de Belgrade. Depuis fin février, les affrontements avec la police ont fait au moins 80 morts, dont des femmes et des enfants. Bronislaw Geremek souhaitait notamment de préparer une table ronde entre les autorités et les Albanais du Kosovo.

Le numéro yougoslave a également refusé de recevoir Robert Gelbard, l'émissaire américain pour les Balkans. Celui-ci a sévèrement critiqué Slobodan Milosevic qui mène selon lui la Yougoslavie «dans une direction très inquiétante». De son côté, le premier ministre monténégrin Filip Vuajanovic a déclaré que son pays ne soutiendrait jamais une indépendance du Kosovo.

LT avec les agences