- La Conférence d'Annapolis sur le Proche-Orient s'est faite sans la Suisse. N'est-ce pas une gifle pour notre diplomatie, qui s'est beaucoup profilée pour la paix dans la région, de ne pas avoir été invitée par les Américains?

- Non. Nous n'avons pas fait des pieds et des mains pour être invités, contrairement à d'autres pays. Nous n'avons jamais prétendu vouloir être directement impliqués dans le processus de médiation. La Suisse ne participe pas aux discussions stratégiques sur le Proche-Orient. Nous travaillons plutôt dans l'humanitaire, avec la société civile.

- Le fait que la Suisse ait maintenu ses relations avec le Hamas y est-il pour quelque chose?

- Non, je ne crois pas.

- Que vous inspirent les récentes négociations avortées sur le Kosovo et la prise de position très forte du président serbe Boris Tadic, qui a déclaré qu'il ferait tout pour annuler une déclaration d'indépendance de la province?

- Personne ne s'attendait vraiment à ce que les parties s'entendent. Mais une solution doit être trouvée pour le Kosovo: la région doit se développer humainement et économiquement. La Suisse est particulièrement concernée puisque nous abritons une très grande communauté de Kosovars.

- Que fera la Suisse en cas de déclaration d'indépendance unilatérale, sans l'aval de l'ONU?

- Il est trop tôt pour le dire. Tout dépendra du contexte.

- Tout autre sujet, celui du maintien de l'arme militaire à domicile. Le Conseil fédéral s'est prononcé en faveur du maintien des munitions à l'arsenal: n'est-ce pas une décision hypocrite si l'on veut éviter des drames comme celui qui a eu lieu récemment?

- C'est peut-être une demi-mesure, mais elle n'est pas hypocrite pour autant qu'un contrôle sérieux se fasse à chaque fois que des munitions sont utilisées. Et Samuel Schmid dit que c'est le cas.