La flotte de la Compagnie générale de navigation (CGN) comptera deux nouveaux bateaux pour développer ses liaisons avec la France d’ici à 2023. Une étape «historique» pour Benoît Gaillard, le président de la compagnie, qui rappelle que c’est la première fois depuis 1991 que la CGN fait construire de nouveaux modèles. Le projet Naviexpress, officialisé en août dernier lors de la signature d’une convention de coopération entre la France et le canton de Vaud, a pour objectif de «répondre à la demande croissante des pendulaires tout en réduisant l’impact des liaisons lacustres sur l’environnement», indique-t-il ce mercredi en conférence de presse.

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Sa concrétisation, signe pour Benoît Gaillard «d’une bonne entente des autorités locales suisses et françaises», permettra d’étoffer l’offre de mobilité transfrontalière de la CGN, dont les lignes sont régulièrement engorgées le matin. Ainsi, le nombre de liaisons lacustres entre Lausanne et Thonon sera doublé et même triplé entre Nyon et Yvoire. «Pour convaincre les 10 000 Savoyards qui travaillent dans le canton de Vaud de monter à bord plutôt que de prendre la voiture, nous devons devenir prévisibles», enchaîne André Bergman, directeur général de la CGN.

«Moins de bruit, de vagues et de CO2»

Des départs auront lieu toutes les 45 minutes, contre 90 actuellement, et il y aura «plus de liaisons le week-end pour favoriser le tourisme», complète le président. La CGN assure que le service sera plus fiable, allant jusqu’à garantir qu’aucune annulation liée aux conditions météorologiques n’aura lieu. «Ces bateaux disposeront de solutions techniques qui permettent de mieux résister aux vents de traverse et aux vagues d’une hauteur de 1m50», précise le directeur technique de la compagnie, Irwin Gafner.

Ces bateaux, d’une valeur unitaire de 28,5 millions de francs, seront opérationnels dès 2022-2023. Ils seront construits par l’entreprise lucernoise Shiptec, qui a remporté l’appel d’offres public international. D’une capacité de 700 places chacun, dont 600 assises, ils seront accessibles aux personnes à mobilité réduite et «plus maniables pour les capitaines grâce à quatre propulseurs latéraux», précise le directeur technique. Un moteur hybride (électrique et thermique) permettra à ces modèles de générer «moins de bruit et de vagues et d’émettre 40% de CO2 en moins par rapport aux modèles conventionnels», ajoute-t-il.

Les bateaux feront 60 mètres de long, 12 de large et pèseront 350 tonnes. La construction se fera à l’extérieur et l’assemblage dans le chantier naval d’Ouchy. Le montage du premier modèle débutera en novembre 2020.