Défense

L’achat de nouveaux avions de combat progresse à couvert

La défense aérienne suisse a besoin de nouveaux avions et d’un système de défense sol-air plus récent, dit le Conseil fédéral. Le peuple pourrait donner son avis, mais pas sur les détails

Guy Parmelin a lancé ce mercredi la consultation concernant le renouvellement des moyens de protection de l’espace aérien. Le gouvernement souhaite à la fois remplacer ses vieux avions de combats, Tiger et F/A-18, et acquérir un nouveau système de défense sol-air. «L’objectif n’est pas seulement de protéger l’air, a souligné le Vaudois dans son verbe si particulier, il en va de la sécurité des gens qui vivent et travaillent en Suisse.» Cantons, partis et associations auront jusqu’au 22 septembre pour s’exprimer sur le sujet.

Les enseignements de l’échec du Gripen

Contrairement à 1993 avec les F/A-18 et 2014 avec les Gripen, le projet en consultation est un «arrêt de planification», qui porte uniquement sur des principes généraux et un cadre financier: le gouvernement est chargé de renouveler les moyens de protection de l’espace aérien d’ici à fin 2030, la facture totale ne devra pas dépasser 8 milliards de francs et les entreprises étrangères choisies devront compenser 100% de la valeur des affaires conclues par des contrats en Suisse. Cela signifie qu’en cas de référendum, les citoyens seront appelés aux urnes sans connaître le nombre d’avions en question ni leur modèle.

Le Conseil fédéral essaie ainsi de se préserver d’une mauvaise expérience supplémentaire dans le domaine des achats d’avions de combat, après l’échec du Gripen devant le peuple. «Il n’est pas question pour le gouvernement que les préférences quant à un type d’avion interfèrent dans le scrutin», a confirmé Guy Parmelin en début d’année. Le chef du Département de la défense a toutefois assuré ce mercredi qu’il prenait une consultation populaire «très au sérieux».

«Un simulacre de votation»

Les modèles qui intéressent la défense (Eurofighter, F/A-18 E/F, Rafale, Gripen et F-35) seront testés en été 2019, au moment où le parlement étudiera l’arrêté. Si le législatif refuse ce dernier, «aucun plan B n’est prévu», a déclaré Guy Parmelin. Le lancement d’un référendum a par ailleurs d’ores et déjà été annoncé par la gauche et le Groupe pour une Suisse sans armée, qui dénoncent un «simulacre de votation». Si celui-ci aboutit, le peuple serait appelé aux urnes en 2020.

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