Genève

Lâché, Rémy Pagani s’accroche à son titre de maire

Epinglé par la Cour de justice, l’élu d’Ensemble à gauche s’entête. L’exécutif de la Ville de Genève désapprouve, après avoir, pour certains, louvoyé

L’autocritique n’est pas un exercice qu’affectionne le maire de Genève, Rémy Pagani. L’élu d’Ensemble à gauche veut rester maire, envers et contre tous. Envers le Conseil administratif, qui exprime dans un communiqué «son désaccord avec cette décision». Envers une grande partie du Conseil municipal, jugeant indigne son attitude.

Pourtant, jeudi dernier, la Chambre constitutionnelle de la Cour de justice lui infligeait une sévère correction en annulant le scrutin communal du 24 septembre sur les coupes dans le budget 2017. La brochure officielle, retouchée, avait été jugée partiale. La Cour relevait de «graves irrégularités», tendant à «induire gravement le citoyen en erreur».

«Revenir à la raison», demande le PS

L’élu réserve sa déclaration au Conseil municipal. Lâché par beaucoup, il pourrait payer cher son déni. Le PS de la Ville de Genève regrette que Rémy Pagani n’ait pas saisi le compromis proposé par le Conseil administratif: renoncer à son titre honorifique de maire, tout en gardant sa fonction. Il appelle celui-ci à «revenir à la raison et à ne pas s’enfermer dans une défense sans issue de sa propre personne». Selon nos informations, seule Esther Alder, au sein de l’exécutif, le soutiendrait encore.

Pour l’auteur du recours, le PLR Simon Brandt (suivi par le PDC, le MCG et l’UDC), la question n’est plus le sort du maire mais «la lâcheté de l’exécutif». «Hormis Guillaume Barazzone, le seul qui se soit opposé depuis le début, pourquoi les autres ont-ils laissé faire?» Esther Alder bien sûr, mais aussi Sami Kanaan, qui a validé dans un premier temps les modifications de la brochure pour rétropédaler, et Sandrine Salerno, qui s’est abstenue avant de s’opposer. Une attitude qui pourrait avoir de fâcheuses conséquences politiques: «Comment faire confiance à un exécutif qui ne prend pas ses responsabilités, quand il nous proposera un budget?» interroge Simon Brandt.

Sanctions possibles

Si l’élu persiste dans son entêtement, ce sera au Conseil d’Etat de prononcer des sanctions – avertissement, amende, révocation. «Avec le risque d’en faire une victime, une esquive dans laquelle les mouvements comme SolidaritéS sont passés maîtres, estime Pierre Gauthier, du Parti radical de gauche. Rémy Pagani doit se retirer de sa fonction honorifique, car il a touché aux droits politiques.» Mardi, le PLR pourrait déposer une motion réclamant sa démission. «On va aussi demander à ce qu’il paie de sa poche les frais occasionnés par l’annulation de cette votation», avertit Simon Brandt.

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