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Comment réagir à l'affaire d'espionnage turc sans mettre en péril les relations diplomatiques avec la Turquie? Pour Ignazio Cassis, la porte est étroite.
© Peter Klaunzer/KEYSTONE

Diplomatie

L’acte d’espionnage qui empoisonne les relations turco-suisses

Ignazio Cassis doit décider s’il maintient le voyage qu’il a prévu de faire en Turquie. La tentative d’enlèvement d’un prétendu opposant turc complique les choses

Ignazio Cassis est dans l’embarras: doit-il maintenir ou non le voyage qu’il planifie en Turquie? Une affaire d’espionnage révélée la semaine dernière par le Tages-Anzeiger empoisonne la situation. Le quotidien zurichois a révélé une histoire rocambolesque. En août 2016, trois agents secrets turcs ont rencontré un compatriote père de famille établi depuis plusieurs années en Suisse dans un discret cimetière de l’Oberland zurichois.

Ils l’auraient enrôlé pour les aider à mettre la main sur un homme d’affaires originaire du même pays. Soupçonné d’être un proche du dissident Fethullah Gülen, l’ennemi juré du président Erdogan, celui-ci aurait dû être kidnappé afin d’être ramené en Turquie.

Enquête ouverte

Le plan a échoué. Mais le Ministère public de la Confédération (MPC) a eu vent de l’affaire et a, avec l’autorisation du Conseil fédéral, ouvert une enquête pour service de renseignement illégal et tentative d’enlèvement au profit d’un Etat étranger. En fin de semaine, on apprenait qu’Ignazio Cassis envisageait de se rendre en Turquie. Pour parler de ce cas d’espionnage? Le ministre des Affaires étrangères s’est exprimé lundi devant les médias en marge de la séance de la Commission de politique extérieure (CPE) du Conseil national.

«J’ai effectivement planifié un voyage en Turquie, mais il était prévu de longue date. Il est lié à la résolution du conflit turco-syrien dans la région d’Afrine, qui déstabilise tout le Moyen-Orient. Nous sommes très préoccupés par cette tragédie humanitaire», explique-t-il.

«Des indices forts»

S’agissant des agents secrets, il marche sur des œufs. «Le cas de violation grave de la souveraineté suisse n’est pas encore démontré, même s’il existe des indices forts. Si les faits évoqués se confirment, nous ferons savoir que nous ne les acceptons pas. Nous déciderons ces prochains jours si je me rends malgré tout en Turquie», reprend-il. Il rappelle que, au nom de la séparation des pouvoirs, c’est au MPC de livrer les informations pertinentes.

Présidente de la CPE, Elisabeth Schneider-Schneiter (PDC/BL) invite le Conseil fédéral à «maintenir les relations diplomatiques entre la Suisse et la Turquie», à cause de la situation humanitaire en Syrie.

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