Drogue

L’activisme des partis contre le deal de rue

Le débat sur le deal de rue à Lausanne stimule les partis politiques, qui rivalisent d’idées pour occuper le terrain

La dénonciation par le cinéaste Fernand Melgar de la situation du deal de rue à Lausanne a créé une sorte d’urgence et pousse depuis deux semaines tout le monde politique à occuper le terrain. Car le problème lancinant sur lequel le réalisateur a mis le doigt – d’une façon aujourd’hui critiquée – a, d’une part, fait sortir les gens de leurs clivages politiques et, d’autre part, multiplié les témoignages illustrant que la situation du deal de rue s’était aggravée.

Pour y faire face, la municipalité promet dès le 15 juin une présence policière en uniforme dans six points chauds du centre-ville. En complément, le Parti socialiste vaudois, majoritaire à Lausanne, présentait lundi les cinq mesures cantonales que ses députés allaient proposer au Grand Conseil, ainsi qu’une interpellation à la ville et une autre au niveau fédéral.

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Cinq mesures proposées

Ainsi, le député Stéphane Balet réclame des sanctions plus dissuasives pour les trafiquants, soit de courtes peines privatives de liberté, voire des travaux d’intérêt général. Son collègue Jean Tschopp demande une prévention dans les écoles étendue aux adolescents du secondaire I et II. Pour une connaissance des effets concrets entraînés par les drogues, il demande l’intervention d’anciens toxicomanes auprès des jeunes, en citant l’exemple de Jean-Luc Delarue, l’ancien animateur TV décédé en 2012, et de son «tour de France anti-drogue» dans les classes.

Le député nyonnais Alexandre Démétriadès parle des conditions de vie des requérants d’asile et personnes déboutées, dont une minorité se tourne vers le deal de rue. Il voit dans la revalorisation financière des activités professionnelles – aujourd’hui plafonnées à 300 francs par mois – une solution pour sortir ces personnes des activités illégales. Amélie Cherbuin va déposer quant à elle une requête pour installer des laboratoires mobiles lors de manifestations festives, cela afin de permettre aux consommateurs de faire vérifier leurs substances à des fins de réduction des risques et de leur prodiguer des conseils. La nouvelle présidente du PS vaudois, Jessica Jaccoud, aimerait que Vaud rejoigne le groupe suisse des villes pour tester la consommation légale de cannabis.

L’UDC pour la «tolérance zéro»

Plus directe, l’UDC fustige les mesures «cosmétiques» qu’ont prises les autorités et prône la «tolérance zéro» envers le deal de rue. Le parti dépose une initiative parlementaire demandant l’instauration d’une peine minimale d’une année pour tout dealer vendant de la drogue dure dans un endroit accessible au public, quelle que soit la quantité vendue. «Il n’y a qu’en faisant preuve de fermeté que nous dissuaderons les dealers et nettoierons nos rues de ce fléau qui se trouve être une véritable menace pour nos enfants. Avec la législation actuelle, la peur du gendarme a disparu. Il est temps d’envoyer un message clair aux trafiquants afin qu’ils comprennent qu’ils ne sont pas les bienvenus sur notre territoire», déclare son secrétaire général, Kevin Crausaz.

Mardi, le PLR présentera son programme pour combattre le deal de rue axé sur des sanctions plus lourdes et plus aisément applicables, le renforcement de la présence policière et de la prévention dans les écoles ainsi que la «sanctuarisation» de ces dernières. Il rejoindra également le Parti socialiste sur la demande de renforcement de la chaîne pénale, et exigera en sus d’étendre les interdictions de périmètre aux trafiquants.

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