Philippe Guignard est resté tête basse quelques longues minutes, comme pour encaisser. Ce mercredi, sur le coup de 13h30, au sixième jour d’audience de ce procès hors norme, le procureur Anton Rüsch venait de requérir une peine de 3 ans de prison, dont 18 mois ferme (les 18 mois avec sursis étant assortis de 5 ans de délai d’épreuve) contre l’ancien pâtissier de renom. Ce dernier est renvoyé depuis le 29 juin devant le Tribunal d’arrondissement du Nord vaudois pour escroquerie par métier, gestion déloyale aggravée et gestion fautive, en compagnie de trois complices.

Pourtant, jusqu’au terme d’un réquisitoire ciselé de plus de deux heures, Philippe Guignard s’était posté en retrait, apparaissant comme inaccessible aux accusations, s’endormant même par moments, n’hésitant pas à répondre à son téléphone portable ou à sortir à plusieurs reprises de la salle d’audience pour se rendre aux toilettes. Dans la matinée, la poursuite des débats avait dû être retardée pour lui permettre d’aller acheter à la pharmacie les médicaments prescrits par son psychiatre.