Le chef du Département fédéral des transports, des communications et de l'énergie, Moritz Leuenberger, a désormais sur sa table un rapport critique sur Swissmetro, ce projet révolutionnaire de métro ultrarapide à travers la Suisse. C'est ce qu'a indiqué lundi le porte-parole du département, Ulrich Sieber, confirmant en partie une information de l'hebdomadaire SonntagsZeitung. Le rapport met l'accent sur les difficultés techniques et sur les problèmes de financement. Les spécialistes des transports au sein de l'administration seraient même convaincus que le projet n'est pas réalisable, croit savoir la SonntagsZeitung. Une appréciation qu'Ulrich Sieber se refuse cependant à confirmer.

Les promoteurs du projet attendent une réponse à la demande de concession qu'ils ont déposée en automne 1997 pour le tronçon Genève-Lausanne. Ce document préparé par l'Office fédéral des transports pourrait donc peser sur la décision que doit prendre – probablement avant l'été – le chef du département. Officiellement toutefois, le rapport ne conclut pas à un refus de la concession. «Moritz Leuenberger est intéressé par Swissmetro. Il n'a d'ailleurs pas encore étudié le rapport dont fait état la SonntagsZeitung», souligne son porte-parole.

La réalisation d'une ligne pilote entre Genève et Lausanne supposerait un engagement des pouvoirs publics de près de 3 milliards de francs pour un coût total qui devrait avoisiner les 4 milliards. En février de cette année, les gouvernements genevois et vaudois ont marqué leur soutien au projet. Swissmetro compte par ailleurs des actionnaires étrangers: le français Alstom et l'allemand Daimler-Benz avec chacun 10% du capital. Le Groupe Credit Suisse détient une part équivalente, de même que le Groupement des banquiers privés genevois. En revanche, les CFF, s'ils détiennent quelque 3,5% des parts, ont déjà averti que Swissmetro était incompatible avec Rail 2000, de même qu'avec les trains européens à grande vitesse. D.M.