Plurilinguisme

Dans l'administration fédérale, on parle «dütsch»

Plus de dix ans après l’entrée en vigueur de la loi sur les langues, l’administration pense et travaille surtout en allemand dans ses classes dirigeantes. Les Romands sont sous-représentés dans cinq des sept départements fédéraux

C’est un document de 25 pages, truffé d’abréviations d’offices et d’officines de la Confédération. Il recense notamment tous les postes des classes allant de 30 à 38, soit concernant les plus hauts cadres de la fonction publique, ceux dont le salaire dépasse les 200 000 francs par an. Problème: non seulement cette jungle de sigles est difficile à décrypter, mais, de plus, elle n’existe qu’en allemand. «Actuellement, le système informatique traitant ces statistiques n’est qu’en allemand, mais il va être traduit prochainement», promet l’Office fédéral du personnel (Ofper).

Ce n’est qu’une anecdote, mais elle est révélatrice. Une partie de l’administration ne pense et ne travaille qu’en allemand. Bien sûr, les optimistes s’empresseront de relativiser. Globalement, tout va apparemment très bien dans la Berne fédérale, y compris dans ses plus hautes sphères. Les Alémaniques y dominent, mais pas outrageusement. Ils y sont représentés à raison de 72,2%, contre 22,7% pour les Romands et 4,1% pour les italophones. Pour les deux premières communautés linguistiques, les valeurs cibles sont respectées.