Transport

L’Aéroport de Genève doit bientôt statuer sur le sort d’un cadre, sous enquête

La conférence de presse des résultats 2017 de l’entreprise a été le lieu de la révélation d’un problème de ressources humaines. Une enquête interne a été confiée à un juge

Un cadre de l’Aéroport international de Genève (AIG) est sous enquête, a-t-on appris ce mardi lors de la conférence de presse portant sur les résultats 2017. Le directeur de l’AIG, André Schneider, a affirmé que l’enquête interne est terminée et que les actions «qui s’imposent» seront prises suite à cette procédure.

La décision de l’aéroport sur cette affaire est en préparation, a dit le directeur, qui a précisé que le conseil d’administration et le conseiller d’Etat de tutelle, le PLR Pierre Maudet, ont été «tenus au courant». Evoquant la protection de la personnalité, il n’a pas voulu en dire plus.
Selon nos informations, l’enquête a été confiée à un juge expérimenté. Elle a été ouverte le 1er novembre. Son rapport de 68 pages est sur le bureau de la direction de l’AIG depuis le 12 février. Les faits concernent un chef de service, qui observe un arrêt maladie depuis plusieurs semaines. Deux membres de son équipe font partie des plaignants. L’un est en arrêt maladie et la direction a demandé à l’autre de rester chez lui. Suite aux auditions, le juge a inclus une troisième victime.

Classement des collaboratrices selon leur physique

Les faits relèveraient bien du harcèlement moral et sexuel: remarques dégradantes, rabaissement. Le cadre, employé de l’AIG depuis dix ans, aurait tenu un classement des collaboratrices selon leur physique et les aurait informées de leur évolution dans son «top 5». L’avocat du cadre précise qu’il a des «contestations de fonds assez substantielles» à apporter suite au rapport du juge.

Cette révélation a eu lieu durant la présentation des résultats d’un exercice 2017 que le directeur a qualifié de «très bonne année». Le nombre de passagers, en hausse, a atteint 17,4 millions. André Schneider a insisté: la hausse des mouvements n’a pas été proportionnelle, grâce à de meilleurs taux de remplissage d’avions plus spacieux. Le trafic passagers a ainsi connu une hausse de 4,95% alors que le nombre de mouvements a évolué de 0,49%.

Chiffre d’affaires en progression de 4,7%

Le chiffre d’affaires est monté à 466,4 millions de francs (+4,7%), pour un bénéfice de 78,9 millions (–2,3%). La moitié reviendra à l’Etat de Genève. La redevance passagers couvre 43% des revenus contre 10% pour la redevance atterrissage. La part des activités commerciales se monte à 21%. Parmi elles, les activités de change assurent 25%, les locations de voitures 21%, le commerce de détail 17,47%, la restauration 16,39% et le duty free 15,85%.

André Schneider a insisté sur l’importance d’un processus en cours avec la Confédération visant à définir les paramètres de l’activité de l’aéroport à l’horizon 2030. Ce plan sectoriel de l’infrastructure aéronautique (PSIA) a été mis en consultation jusqu’à la semaine dernière. Soixante-deux communes genevoises, vaudoises et françaises ont fait part de leur opposition. L’Office fédéral de l’aviation civile va les étudier avant que le Conseil fédéral n’apporte son verdict, dans le second semestre 2018.

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