Et si l’affaire Cleusix n’était pas close?

Valais La Cogestne veut pas lâcherle haut fonctionnaire

Le chef du Service de l’enseignement occupe toujours la Commission de gestion du parlement. Réunis aujourd’hui, ses membres ont décidé d’écrire au gouvernement pour vérifier la mise en application de leurs recommandations. Malgré un rapport accablant et un blâme, Jean-Marie Cleusix semble encore tarder à s’acquitter de ses obligations fiscales.

L’information avait fait l’effet d’une bombe en janvier 2014. Le président de la commune de Leytron révélait que Jean-Marie Cleusix, fraîchement nommé chef du Service de l’enseignement, ne s’était jamais acquitté de ses impôts pour deux périodes fiscales. «Foutage de gueule», répétait Patrice Martinet. Après avoir contesté les taxations, le haut fonctionnaire a bénéficié de la prescription parce que l’Etat a égaré son dossier pendant dix ans. Il a ensuite réclamé le remboursement des acomptes versés, et Leytron a perdu plus de 78 000 francs.

En octobre, la Commission de gestion avait publié un rapport musclé. Parmi ses recommandations, elle insistait sur l’institution d’une procédure disciplinaire contre Jean-Marie Cleusix. Elle exigeait aussi qu’il règle rapidement ses différends fiscaux. En avril, le gouvernement avait infligé un blâme au chef de service d’Oskar Freysinger. Fin de l’affaire.

Mais début juin, la RTS révélait qu’en mars 2015, le chef de service n’avait toujours pas déposé sa déclaration fiscale 2012. Malaise. Aujourd’hui, le président du gouvernement, Jacques Melly, assure que les documents sont désormais parvenus au service des contributions. Pour le Conseil d’Etat, les exigences ont été respectées, et «il n’y a pas de nouvelle affaire Cleusix».

Pour l’instant, le dossier est toujours clos. Le président de la commission insiste sur la banalité de la procédure de vérification. Le PDC Philippe Bregy concède tout juste que la démarche intervient plus rapidement qu’à l’accoutumée, parce que le dossier est sensible. Les questions au gouvernement portent sur les mesures qui ont été prises depuis la publication du rapport qui accablait le chef de service. Les réponses du Conseil d’Etat sont attendues pour la fin de l’été.