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Le programme a été soutenu par Jacques Bourgeois, directeur de l’Union suisse des paysans.
© Keystone/Thomas Hodel

Intégration

L’agriculture, un terreau fertile pour les réfugiés

Un projet pilote conjoint de l’Union suisse des paysans et du Secrétariat d’Etat aux migrations s’achève. Selon son évaluation, publiée ce mercredi, des adaptations sont nécessaires, mais l'initiative sera poursuivie et améliorée

Faire travailler les réfugiés et les personnes admises à titre provisoire dans l’agriculture exige de relever «quelques défis». C’est le constat fait par le directeur de l’Union suisse des paysans (USP), le conseiller national Jacques Bourgeois (PLR/FR), au terme du projet pilote de trois ans mis en place en collaboration avec le Secrétariat d’Etat aux migrations (SEM). Depuis 2015, 30 des 45 postes mis à disposition dans 17 exploitations agricoles, maraîchères ou fruitières ont pu être pourvus et 24 emplois sont allés jusqu’à leur terme dans le cadre de ce programme intitulé «Travailler chez le paysan 2015-2018». Quatorze participants ont reçu une proposition d’embauche, dix l’ont acceptée, relève le SEM. Sept autres personnes ont trouvé un autre emploi.

Un tel programme est conforme à la loi d’application de l’initiative populaire «Contre l’immigration de masse», acceptée en février 2014, qui demande que la main-d’œuvre indigène soit favorisée. Les travaux de la ferme sont en effet adaptés aux personnes ayant obtenu l’asile, relève Jacques Bourgeois. «De nombreux travaux agricoles requièrent peu de connaissances préalables, mais beaucoup de main-d’œuvre saisonnière. Or, à l’heure actuelle, ce sont surtout des personnes d’Europe de l’Est, d’Espagne et du Portugal qui viennent prêter main-forte pendant quatre à neuf mois», détaille-t-il.

Des obstacles à franchir des deux côtés

Le projet pilote de l’USP et du SEM revêt ainsi un intérêt certain pour le monde agricole. Le programme aura coûté 280 000 francs, facture que se partagent l’USP et le SEM. Mais il a mis en lumière un certain nombre de points faibles. «La recherche de participants prêts à travailler dans le domaine agricole n’a pas été chose aisée», relativise Jacques Bourgeois. Cela découle notamment du fait que le programme a été géré à l’échelle nationale alors qu’une approche régionale et cantonale serait plus indiquée.

Par ailleurs, les réfugiés et personnes admises provisoirement ne sont pas toujours titulaires d’un permis de conduire et possèdent rarement un véhicule, ce qui constitue un obstacle en raison de l’éloignement des fermes. Et tous ne sont pas habitués aux travaux physiques, au rythme de travail et à la vie sur l’exploitation, relève l’évaluation du projet pilote, publiée mercredi. «Il a aussi fallu faire face aux barrières de la culture et de la langue», concède encore Jacques Bourgeois.

Lire aussi: Dans les Grisons, les clés de l’emploi des réfugiés

L’expérience va se poursuivre. Mais des adaptations sont nécessaires. A l’avenir, les jeunes réfugiés auront la possibilité d’effectuer un préapprentissage. Dès le mois d’août 2018, cinq cantons – Fribourg, Neuchâtel, Berne, le Tessin et Argovie – offrent cette formation dans les écoles d’agriculture. Ces préapprentissages font partie d’un programme de la Confédération qui a pour ambition de former, chaque année et dans différents secteurs, 800 à 1000 réfugiés reconnus et personnes admises provisoirement jusqu’en 2022. Il s’agira également de mieux évaluer le potentiel des candidats et leur intérêt pour l’agriculture. Il est en outre recommandé de rendre les exploitants attentifs à la situation des réfugiés sur les plans juridique, physique ou psychique.

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