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Lors de son année de présidence, en 2017, Doris Leuthard a inauguré au Bénin une école qui a été cofinancée par la DDC.
© Alexandra Wey / Keystone

Coopération

L’aide suisse plus que jamais sous pression

Au début de la décennie, dans l’enthousiasme général, le parlement a décidé d’augmenter les moyens consacrés à la coopération internationale. Puis il a été décidé de les réduire

Pendant cette année anniversaire de nos 20 ans, «Le Temps» met l’accent sur sept causes emblématiques de nos valeurs. La cinquième portera sur «l’économie inclusive». Nous souhaitons vous faire découvrir des idées, des modèles et des personnalités qui, chacun à leur manière, développent une économie et une finance plus saines. Du «greenwashing» pratiqué par certaines multinationales aux micro-initiatives développées par des individus, un vaste univers existe, que «Le Temps» explorera par petites touches au fil du mois qui vient.

En 2011, le parlement suisse a décidé que l’aide au développement s’élèverait à 0,5% du revenu national brut (RNB), soit bien plus que les 0,39% de 2010. Cet objectif a été atteint en 2015 (0,51%) et confirmé en 2016, avec un taux record de 0,53%. Mais c’était une autre époque. En 2011, lorsque cette décision fut prise, les deux partis les plus critiques envers les montants réservés à la coopération et au développement, l’UDC et (en bonne partie) le PLR, n’avaient pas encore la majorité absolue au Conseil national. Et Didier Burkhalter était ministre des Affaires étrangères.

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La situation a changé. Cible privilégiée de l’UDC, qui qualifie ces «onéreux programmes» de «gaspillage des deniers publics», l’aide au développement s’est vu rogner quelques millions au fil des programmes d’économies et des coupes budgétaires annuelles. Ainsi, l’enveloppe 2017-2020 – 11,11 milliards de francs – a été réduite de 200 millions par rapport à la période quadriennale précédente. Cette somme globale équivaut à un pourcentage de 0,48% du RNB, soit bien moins que l’objectif idéal de 0,7% fixé par l’ONU et reconnu naguère par la Suisse.

Un demi-milliard en moins depuis 2016

En 2017, 3,049 milliards ont été consacrés par la Suisse à l’aide publique au développement. Cela correspond à un taux de 0,46%. C’est 480 millions de moins qu’en 2016 (3,529 milliards) et 350 de moins qu’en 2015 (3,396 milliards). Il faut préciser que ce total englobe les contributions de la Confédération (2,984 milliards, dont 2,083 pour l’aide humanitaire, la coopération au développement, les programmes de soutien en Europe de l’Est et la contribution à l’élargissement de l’UE), des cantons et des communes. Il comprend aussi, en fonction des standards définis par l’OCDE, les coûts liés à l’accueil des requérants d’asile, personnes admises provisoirement et réfugiés en provenance des pays en développement. Or, en raison du recul du nombre de demandes, ces coûts ont diminué l’an dernier.

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La Suisse fait ainsi partie des 18 pays membres du Comité d’aide au développement de l’OCDE qui ont réduit leurs engagements en 2017, 11 autres les ayant augmentés. Lorsqu’il a succédé à Didier Burkhalter, Ignazio Cassis a plaidé à plusieurs reprises pour la «réorientation» de la coopération au développement, ce qui a fait naître de nouvelles craintes au sein du personnel de la Direction du développement et de la coopération (DDC) et des ONG. Cette contribution de la Suisse à la paix et à la stabilité dans le monde reste ainsi sous pression. L’UDC, par son chef de groupe Thomas Aeschi, tente d’ailleurs de comprimer son budget pour compenser les effets financiers du projet qui lie la réforme fiscale des entreprises à l’AVS.

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