La courbe des cas de coronavirus poursuit son inflexion vers le haut: depuis huit jours, plus de 1000 cas sont enregistrés quotidiennement en Suisse, mercredi et jeudi, ce sont même plus de 2500 cas qui ont été recensés. Au début du mois d’octobre, seuls 5 tests sur 100 apportaient une mauvaise nouvelle. Aujourd’hui, près de 15% des résultats reviennent positifs.

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Un «engagement flexible» 

Pour éviter de perdre le contrôle de la courbe de contaminations, il apparaît essentiel de ne pas abandonner le traçage des contacts, sans lui, des gens peut-être positifs se retrouvent dans la nature et continuent d’infecter d’autres personnes. Mais partout, les centres craignent la saturation, certains ont pensé à appeler l’armée en renfort, d’autres ont peut-être une meilleure idée.

«Nous avons la possibilité de mobiliser rapidement un grand nombre de civilistes, qui, de plus, sont formés, propose Lisa Mazzone, coprésidente de la Fédération suisse du service civil. Ils ont de l’expérience dans les soins et la prise en charge, et pourraient donc être adéquats pour contacter avec tact les personnes exposées au virus. Ce serait une option intelligente, car beaucoup d’entre eux ont encore de nombreux jours de service à accomplir, sans coût supplémentaire. L’engagement de civilistes est flexible et peut s’étendre sur plusieurs mois, ce qui n’est pas le cas des militaires, parfois mobilisables que deux semaines.»

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Les catastrophes et les situations d’urgence sont partie intégrante des tâches du service civil. La base légale et l’organisation prévoient qu’il doit jouer un rôle important en cas de situation d’urgence comme les pandémies. L’Office fédéral du service civil est d’ailleurs membre de l’Etat-major fédéral Protection de la population et siège dans la Gestion fédérale des ressources de l’Office fédéral de la protection de la population. Le service civil est en mesure, en quelques semaines, d’engager des milliers de civilistes sur le terrain.

Les oubliés de la première vague

«Les civilistes ont été les oubliés de la première vague, alors que l’armée ou la protection civile ont été largement mobilisées. L’avantage d’engager des civilistes serait non seulement qu’ils bénéficient souvent d’une expérience de plusieurs mois dans le domaine des soins et de la prise en charge, avec une habitude du travail au service du corps hospitalier, mais aussi qu’ils ne sont pas regroupés dans des casernes propices à la propagation du virus.»

Actuellement, 51 civilistes effectuent une affectation en appui aux cantons au traçage des contacts, dont 26 en Suisse romande. Tenant compte de l’évolution de la situation épidémiologique, l’Office fédéral du service civil CIVI est en contact avec les cantons, les conférences intergouvernementales concernées, l’Etat-major Protection de la population et d’autres acteurs à ce sujet. Par ailleurs, environ 4000 civilistes par semaine sont en affectation ordinaire dans le domaine de la santé ou du social.

«Le service civil n’étant pas une organisation de première intervention, les civilistes ne peuvent pas être déployés aussi rapidement que les membres de l’armée ou de la protection civile», nous répond-on au service de communication de l’Office fédéral du service civil (CIVI). «Au mieux, nous pouvons mobiliser les civilistes prêts à se porter volontaire pour une affectation.» Mais le service dispose de compétences étendues en cas de pandémie pour convoquer des civilistes ou pour déplacer des civilistes en affectation. En fonction de la durée de l’engagement, le délai pour un changement d’affectation est de 7 à 14 jours, respectivement de 14 à 30 jours pour une convocation. Il peut également appeler au service civil volontaire.

«Durant la première vague, le service civil a traité un peu plus de 100 demandes de services cantonaux et fédéraux qui souhaitaient le soutien de civilistes, répond encore le CIVI. A ce jour, il a été possible de répondre aux besoins en lançant des appels aux civilistes ou, dans de rares cas, en transférant des civilistes déjà affectés ailleurs.»

L’Office fédéral du service civil précise qu’il veille à ce que les affectations de service civil n’influent pas sur le marché du travail, qu’il s’assure que les affectations ne compromettent pas des emplois existants, n’entraînent aucune dégradation des conditions de salaire et de travail au sein de l’établissement d’affectation et ne faussent pas le jeu de la concurrence.