«L’Ajoie», nouveau venu médiatique

Jura Demain mardi paraît le premier numéro d’un trihebdomadaire d’information, qui s’adresse à Porrentruy et sa région

Quelle drôle d’idée, alors que les médias imprimés sont à la peine, que de lancer un nouveau journal d’actualités! Demain mardi sera distribué dans les quelque 10 000 ménages du district de Porrentruy (24 000 habitants), pour la première fois, le trihebdomadaire L’Ajoie, format tabloïd. Jusqu’à mi-novembre, mardi, jeudi et samedi, le journal sera offert, puis il faudra s’y abonner, 182 francs pour une année, moins de la moitié du coût du Quotidien jurassien.

Combler un vide

«Nous entendons combler un vide, rapporter l’actualité locale de Porrentruy et des 35 villages de son district, expliquer ici les impacts de décisions prises à d’autres niveaux et, surtout, brosser le portrait des gens qui vivent ici», expliquent avec enthousiasme les deux journalistes chargés de donner corps à L’Ajoie, Elise Choulat et Sébastien Jubin, 39 et 33 ans.

L’Ajoie s’inspire du modèle du Franc-Montagnard. C’est d’ailleurs le conseil d’administration du trihebdomadaire des Franches-Montagnes (10 000 habitants, 2400 abonnés) qui a lancé le projet en Ajoie. «Du haut de ses 116 ans, après un important rebond en 2012, Le Franc-Montagnard se porte bien, précise Jean-Maurice Donzé, président du conseil d’administration. Il y a une réelle demande d’information au niveau local.» Est-ce que Le Quotidien jurassien, la radio RJF ou la télévision locale Canal Alpha ­délaisseraient les Franches-Montagnes et l’Ajoie? «Nous leur sommes complémentaires», répondent diplomatiquement en chœur les journalistes et l’administrateur de L’Ajoie. Faisant remarquer qu’il y a une grosse attente, à Porrentruy et dans sa région, depuis la disparition du Pays en 1993.

A contre-courant

Un petit journal local est-il économiquement viable? «Nous ne partons pas les yeux fermés, note Jean-Maurice Donzé. Nous constatons qu’avec 2400 abonnés, Le Franc-Montagnard, édité dans son propre centre d’impression, est rentable. L’Ajoie sortira aussi des rotatives de Saignelégier. Nous avons compté qu’avec 35 000 francs de publicité par mois et 1000 à 1500 abonnés, nous couvrons les frais.» Avant même la première parution, 150 abonnements ont été souscrits, «à l’aveugle», sourit Elise Choulat.

De 8 à 16 pages, richement illustré, L’Ajoie ne craint pas d’aller à contre-courant. Il dispose certes d’un site internet et d’une page Facebook, mais uniquement pour servir de vitrine. Le trihebdomadaire sera d’abord un journal papier ultra-local. «Il y a un besoin, dans ce monde globalisé, de redécouvrir ce qui se passe et qui vit tout près de chez soi, rétorque Sébastien Jubin. Oui, nous faisons un pied de nez aux tendances lourdes, mais on nous fait aussi remarquer que c’est très rassurant que cela puisse se passer.»

Pour son édition de lancement, L’Ajoie marque d’emblée sa différence. «Nous voulions nous intéresser à l’Ajoulot peut-être le plus célèbre, René Prêtre, dit Elise Choulat. Tout a été fait sur lui. Nous sommes alors allés voir sa maman et présentons son portrait.» Au sommaire également, pour montrer qu’il traite de l’actualité, L’Ajoie interviewe un musulman et son épouse voilée qui vivent dans la région.