La Suisse pourra signer en février avec le gouvernement de Tirana une convention de réadmission visant les requérants d'asile albanais déboutés par les autorités fédérales. Ce texte doit aussi régler la question du transit des Kosovars à travers l'Albanie, après leur renvoi de Suisse.

Il aurait dû être signé dimanche déjà, au cours d'une visite de deux jours en Albanie de la conseillère fédérale Ruth Metzler. Des problèmes procéduraux du côté albanais sont à l'origine de ce retard, a fait savoir lundi le porte-parole du Département fédéral de justice et police, Viktor Schlumpf. Il n'y aurait pas de désaccord de fond.

Les représentants des deux pays ont également prévu de renforcer leur coopération policière et judiciaire. La responsable du Département fédéral de justice et police était accompagnée du chef des offices centraux de police criminelle, Stephan Gussmann.

Lutte contre le crime organisé

Cet accord de réadmission sera signé lors de la venue en Suisse du ministre albanais de l'Intérieur, Spartak Poçi, dans la deuxième moitié du mois prochain. Ce texte obligera notamment l'Albanie à admettre le rapatriement de ceux de ses ressortissants qui n'auront pas obtenu le droit de résider sur territoire suisse. De même, les autorités albanaises seront forcées de coopérer à l'établissement de l'identité des personnes concernées par ces mesures.

Lors de sa rencontre avec le ministre de l'Intérieur albanais, Ruth Metzler a également évoqué les problèmes liés à la coopération policière. Considérée comme une porte d'entrée de la criminalité en Europe de l'Ouest, l'Albanie souhaite intensifier sa lutte contre le trafic d'armes et de drogue, la corruption et la traite d'être humains, en particulier de femmes destinées à la prostitution. Dans cette perspective, les deux pays se proposent d'améliorer les échanges d'informations entre leurs services de police respectifs. Une collaboration est aussi envisagée dans le domaine de la formation des policiers. La Suisse souhaite par ailleurs aider l'Albanie à construire un Etat de droit. Elle est prête à mettre des experts à disposition pour améliorer le fonctionnement de la justice.