Le chancelier Olaf Scholz a dit lundi vouloir «discuter» avec le gouvernement suisse d'un projet de stockage de déchets radioactifs à la frontière avec l'Allemagne, dévoilé par Berne et qui inquiète Berlin. «Nous devrons en discuter avec tous les responsables et avec le gouvernement suisse», a-t-il indiqué à l'occasion d'une conférence de presse à Berlin.

«La nouvelle vient de nous arriver», a-t-il ajouté, précisant que le projet n'était pas encore «formellement» transmis aux autorités allemandes. L'emplacement choisi par la Suisse «pèsera lourdement sur les collectivités du côté allemand», a affirmé de son côté un porte-parole du ministère de l'Environnement. Des contacts ont été pris en vue de «compensations financières» pour les municipalités allemandes concernées, a-t-il ajouté.

Lire aussi: Des ONG jugent le choix du site de dépôt pour les déchets nucléaires prématuré

Question sensible

Un site du nord de la Suisse a été choisi pour le stockage de ses déchets radioactifs, qui seront profondément enfouis dans le sol, ont annoncé samedi les autorités helvétiques. Mais la localisation du futur projet, dans la région des Lägern, est situé à 15 kilomètres de la frontière avec l'Allemagne, près de la région du Bade-Wurtemberg, dans le sud-ouest du pays.

Lire aussi: Le site suisse du futur dépôt de déchets nucléaires est connu

Or, le sujet du nucléaire est très sensible dans le pays, qui a décidé de renoncer à cette énergie en 2011, après la catastrophe de Fukushima, au Japon. La question du stockage des déchets soulève régulièrement des débats et a été dans le passé l'objet de nombreuses manifestations d'opposants.

Le projet suisse ne devrait toutefois pas immédiatement voir le jour. Une décision définitive sur le sujet ne devrait pas être prise avant 2029, et une votation sera sûrement organisée. La construction du site pourrait commencer en 2045 et son remplissage en déchets nucléaires vers 2050. S'ensuivraient alors plusieurs décennies de surveillance étroite et il serait scellé en 2115. Avec ce nouveau projet, la Suisse espère rejoindre le club très fermé des pays capables de réaliser le stockage en couches géologiques profondes.