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L’ambassadrice de Suisse à Téhéran convoquée après un tweet sur des exécutions

Nadine Olivieri Lozano a été convoquée dimanche au ministère iranien des Affaires étrangères. Elle avait publié vendredi un tweet condamnant l’exécution de trois hommes en lien avec les manifestations de l’automne

Lors d’une rencontre entre les autorités suisses et iraniennes en 2016, à Téhéran.  — © PETER KLAUNZER / KEYSTONE
Lors d’une rencontre entre les autorités suisses et iraniennes en 2016, à Téhéran. — © PETER KLAUNZER / KEYSTONE

Nadine Olivieri Lozano a été convoquée «à la suite de la position interventionniste de la Suisse dans les affaires intérieures de notre pays», a indiqué dimanche le ministère iranien des Affaires étrangères dans un communiqué. Il reproche à l’ambassade «l’acte non conventionnel et non professionnel consistant à republier une photo avec un faux drapeau» de l’Iran.

L’ambassade avait posté vendredi sur son compte Twitter une image de personnes brandissant un portrait de Mahsa Amini, la jeune femme décédée en septembre après avoir été arrêtée pour infraction au code vestimentaire de la République islamique, et un drapeau iranien d’avant la révolution de 1979, avec un lion en son centre.

«Condamnation» helvétique

«Nous condamnons avec force les exécutions» des trois hommes pour leur implication dans la mort de membres des forces de l’ordre lors des manifestations déclenchées par la mort de Mahsa Amini et «nous exhortons l’Iran à prendre des mesures pour réduire le recours à la peine de mort», indiquait ce message en persan.

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Le même message a été publié en anglais, en français et en allemand sur les comptes du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE). Le message renvoyait à une page sur le site du DFAE présentant la «position de la Suisse face aux manifestations en Iran». Berne y condamne la violence exercée contre les manifestants et «s’engage au niveau bilatéral et multilatéral pour le respect des droits de l’homme et pour l’apaisement des tensions».

Au cours de sa convocation, l’ambassadrice a «été informée du niveau d’insatisfaction» des autorités iraniennes, et du fait qu’une telle attitude n’était «pas compatible avec les relations amicales» qu’entretiennent l’Iran et la Suisse, selon le communiqué. L’ambassade de Suisse en Iran joue un rôle important. La Confédération représente les intérêts américains en Iran depuis la rupture des relations diplomatiques entre Téhéran et Washington en 1980.