Isolant thermique minéral, l'amiante a été beaucoup utilisé dans la construction entre les années 50 et 70. Très résistant à la chaleur, au feu et aux acides, ce produit a servi à la fabrication de fibrociment, de revêtement pour les façades, de tuyaux, de garnitures de frein, de plaques ondulées. Sous une forme faiblement agglomérée, l'amiante a aussi servi de base pour des crépis (amiante floqué), des revêtements de sols, des cordons d'étanchéité, etc. Ces produits peuvent facilement libérer des fibres.

Dans les années 60, on s'est aperçu que ces fibres pouvaient être dangereuses pour la santé. Des valeurs limites ont été fixées. Pour les lieux d'habitation et de travail, le taux maximal admis est de 700 fibres d'amiante respirable par mètre cube, explique un expert de la SUVA. L'inhalation de grandes quantités sur une période prolongée peut provoquer une fibrose pulmonaire connue sous le nom d'asbestose, maladie qui peut se développer en cancer du poumon. Un mésothéliome (tumeur maligne qui débute dans la plèvre ou, plus rarement, dans le péritoine) peut aussi se déclarer. La SUVA dénombre par année cinq cas d'asbestose professionnelle et 25 à 30 mésothéliomes malins.

La découverte de ces dangers a entraîné, dès 1975, l'interdiction d'utiliser de l'amiante floqué pour isoler les bâtiments, puis, en 1990, l'interdiction générale de l'amiante. Les opérations de désamiantage ne se font qu'avec des précautions extrêmes, les ouvriers devant se protéger avec une combinaison ressemblant à un scaphandre.