Le centre affaibli

Laminés, les Vert’libéraux 
rêvent d’un «front républicain»

Avec sept sièges seulement aux chambres fédérales, le parti craint de tomber dans l'insignifiance. Il pourrait s'ouvrir à un groupe parlementaire du centre

Et si les Vert’libéraux, avec leurs sept derniers sièges au Conseil national, intégraient un nouveau «groupe parlementaire du centre», autour du PDC et du PBD? Le centre affaibli dimanche y gagnerait en influence et en visibilité. La question est ouverte et débattue au sein de la présidence du PVL. Mais en attendant, le président Martin Bäumle peut se faire quelques soucis dans la perspective de l’assemblée des délégués prévue le 7 novembre. Plusieurs médias alémaniques prédisaient même sa chute. Car c’est son exercice solitaire du pouvoir qui est désormais souvent mis en cause dans le recul des Vert’libéraux.

Malgré les avertissements de plusieurs responsables du parti, Martin Bäumle avait en effet pesé de tout son poids pour maintenir l’initiative «Remplacer la TVA par une taxe sur l’énergie» qui avait réalisé, en mars dernier, l’un des plus faibles scores de toute l’histoire de la démocratie directe avec moins de 8% des voix. Une débâcle qui s’inscrivait dans une suite de reculs lors des élections cantonales et annonçait un automne électoral difficile. Au sein de son parti, on lui reproche aussi d’avoir négligé l’émergence de nouvelles têtes et même de leur avoir fait de l’ombre par son omniprésence.

«Holding» du centre

Le débat sur les responsabilités de l’échec ne devrait pas occulter la grande question qui se pose au PVL comme au PDC et au PBD: la constitution d’un groupe parlementaire du centre. Jusqu’ici, le président Martin Bäumle n’y était pas très favorable, préférant parler d’une «holding» du centre, soit des alliances occasionnelles. Mais avec sept sièges au lieu de douze, les députés vert’libéraux ne peuvent espérer au mieux qu’un seul représentant dans les 11 grandes commissions permanentes et aucun dans les commissions spéciales. Comme leurs collègues du PBD, ils risquent de sombrer dans l’insignifiance, faute d’information et de présence là où se forgent les décisions.

«Nous en avons discuté lundi. Aucune décision n’a été prise, c’est une option que nous devons examiner sérieusement», reconnaît Laurent Seydoux, vice-président du PVL, alors que Martin Bäumle ou la présidente du groupe Tania Moser étaient inatteignables. Mais, précise le Genevois, «un tel rapprochement doit avoir du sens, renforcer le centre politique et permettre de diffuser un message clair».

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Seule élue romande du PVL au Conseil national, la Vaudoise Isabelle Chevalley soutient en tout cas fortement la démarche. «Selon la taille d’une telle alliance parlementaire, cela nous permettrait de doubler notre représentation dans les commissions et donc de gagner en influence et en visibilité dans le débat politique», dit-elle. Pourquoi pas un rapprochement en direction du Parti libéral-radical, plus proche sur les questions financières et économiques? «Parce qu’il est hermétique à toute démarche environnementale. C’est lui qui a contribué à liquider le contre-projet pour une économie verte ou s’apprête à liquider la stratégie énergétique. Nous ne pourrions pas y exprimer nos divergences en politique écologiste et comme nous avons la même vision libérale de l’économie, nous serions noyés dans l’anonymat.»

Isabelle Chevalley plaide pour un «front républicain contre l’UDC» pour défendre les relations bilatérales, le droit international impératif, la Convention européenne des droits de l’homme, ou, au niveau national, le mariage civil pour tous.

Le risque de passer à l’insignifiance renforce aussi la nécessité d’une meilleure collaboration et coordination des Vert’libéraux romands entre eux. A Genève, Lausanne, Fribourg ou Neuchâtel, on est conscient de devoir développer une image plus large que le thème unique de l’environnement, avec une sensibilité latine. Dès lors, on ne veut plus seulement dépendre des stratégies et des modes de communication élaborés à Berne.

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