Primes 2017

L'amour de l'hôpital coûte cher au Jura

La prime moyenne croîtra de 7,3% pour les adultes et de 8,2% pour les enfants dans le Jura. Une hausse supérieure à celle des coûts de la santé

Succédant au socialiste Michel Thentz en décembre 2015, le ministre jurassien PLR de la Santé, Jacques Gerber, a eu le même coup de sang que son prédécesseur en découvrant, dimanche, que le Jura est le canton où les primes maladie augmenteront le plus en 2017: +7,3% pour les adultes, +8,2% pour les enfants.

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Un tiers des Jurassiens sont affiliés à la Supra et à Assura. Il leur en coûtera 55 et 37 francs de plus par mois. La prime moyenne grimpe à 488 francs. «Le Jura est désormais au quatrième rang suisse des primes les plus élevées, derrière Bâle-Ville, Genève et Vaud», se désole Jacques Gerber, qui se dit «irrité et en colère».

Au-delà de l'incompréhension, deux raisons contribuent à l'explosion des primes dans le Jura. Ses ressortissants ont massivement changé de caisse à fin 2015. Assura a perdu la moitié de ses clients, Supra a vu ses effectifs multipliés par vingt. «Le système est pervers, constate le ministre. Ces changements engendrent des coûts administratifs et, surtout, les réserves financières ne suivent pas les patients.» Jacques Gerber ne recommande plus aux assurés de changer de caisse.

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+ 43% en huit ans

Les Jurassiens ont cette autre particularité, selon le chef du Service de la santé, Nicolas Pétremand, «d'être parmi les Suisses qui vont le plus et le plus longtemps à l'hôpital». Une étude a été lancée pour en saisir les raisons. Alors que le taux d'hospitalisation décroît en Suisse romande, il grimpe dans le Jura, avec pour  effet une augmentation plus importante des coûts de la santé, +5,2% au premier semestre 2016 contre +4,3% en moyenne suisse.

Cela ne justifie toutefois pas, aux yeux de Jacques Gerber, l'écart de 2,8 points entre la hausse nationale des primes et celle infligée au Jura. Surtout qu'entre 2009 et 2016, les coûts de la santé ont augmenté de 21% dans le canton et les primes maladie de 34%, et même de 43% en prenant en compte 2017, passant en valeur moyenne de 340 à 488 francs. «Nous exigeons que, sur la base de la loi sur la surveillance de l'assurance-maladie, la Confédération nous démontre le lien entre la hausse des primes, les coûts de la santé et les effets provoqués par les flux de patients», exige le ministre.

La caisse unique comme alternative ? Les Jurassiens l'ont plébiscitée en 2014, mais le gouvernement rejette le projet de caisse cantonale proposée par la FRC, le Jura n'ayant pas la taille critique pour un tel projet. Jacques Gerber lance une autre idée: «Réfléchissons à des régions sanitaires intercantonales autour des hôpitaux universitaires. Le Jura pourrait être intégré à Bâle et à la Suisse du Nord-Ouest.»

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