Le Fonds national de la recherche scientifique (FNS) va lancer une vaste étude sur les organismes génétiquement modifiés (OGM) et notamment les risques de leur dissémination. Le moratoire sur l'usage d'OGM pour l'agriculture, approuvé à près de 56% le 26 novembre 2005, n'a pas remis en cause ce projet mandaté par le Conseil fédéral et financé à hauteur de 12 millions de francs pour quatre ans. Le besoin de nouvelles recherches avait d'ailleurs été souligné durant la campagne.

Ce programme devrait requinquer un secteur devenu moribond. Face à l'hostilité populaire, les institutions scientifiques ont eu tendance à réduire leurs efforts, ainsi à l'EPFZ et à la station fédérale de Changins. Les scientifiques peuvent déposer leurs propositions jusqu'en août. Les études commenceront en avril 2007, jusqu'en 2011. Le catalogue envisagé par le FNS est large, de la dissémination proprement dite aux effets sur la santé humaine, aux usages d'OGM dans le domaine non alimentaire, pour la pharma par exemple, et même les «questions sociales, éthiques et économiques».

Les OGM, et en particulier leur dissémination, ont déjà fait l'objet de nombreuses études aux Etats-Unis et en Europe. Même en Suisse, où la station de Reckenholz, à Zurich, a produit un rapport sur la coexistence des cultures, très contesté par les agriculteurs bio. «Nous avons besoin d'une étude plus importante, comprenant par exemple deux à trois essais en champ libre», plaide Christian Mottas, coordinateur au FNS, pour qui «les travaux menés aux Etats-Unis et en Chine ne suffisent pas, car les spécificités de la Suisse, en termes de taille des exploitations, de topographie ou de géographie, justifient que l'on développe des connaissances adaptées au terrain». Il ajoute que ce programme devra aussi servir de «synthèse en vue de la fin du moratoire».