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Surnommé «l’Ours» pour sa ténacité, Gabriel Luisier est le premier à avoir dénoncé les dossiers de construction irréguliers de Bagnes.
© Bertrand Rey

Valais

Le lanceur d’alerte de Verbier dénonce une tentative de corruption

Remercié par la commune de Bagnes après avoir dénoncé plusieurs dossiers de construction irréguliers, Gabriel Luisier soutient qu’on lui a proposé un emploi pour qu’il renonce à contester son licenciement

Une rencontre discrète s’est tenue le 15 août dernier dans la salle du Conseil communal de Bagnes. Gabriel Luisier s’y est rendu en compagnie de son cousin, membre de l’exécutif municipal. Les deux hommes étaient attendus par le président démocrate chrétien de la commune Eloi Rossier, le président du PDC de Bagnes Samuel Rossier, et un promoteur important de Verbier. Ce dernier a proposé un emploi à l’ancien employé communal. Gabriel Luisier a décliné. Pour lui, «ils ont cherché à me faire taire».

Ils ont cherché à me faire taire

Jusqu’à son licenciement en février dernier, Gabriel Luisier était employé de la police du commerce de Bagnes. Surnommé «l’ours» pour sa ténacité, il est le premier à avoir attiré l’attention sur plusieurs dossiers de construction illicites de Verbier. Au total, il revendique la dénonciation de vingt-six cas litigieux à partir d’avril 2015. Son poste a été supprimé 10 mois plus tard. Il n’en doute pas: «On m’a fait payer parce que j’ai trop parlé».

Lire aussi: Gabriel Luisier, le lanceur d’alerte qui déstabilise Verbier

Aujourd’hui, Gabriel Luisier demande l’annulation de son licenciement. Il considère aussi que le président Eloi Rossier et trois conseillers municipaux doivent se récuser au moment de statuer sur son cas. Pour détailler l’implication du président dans l’affaire, et la curieuse réunion du 15 août dernier, il a adressé deux courriers à l’exécutif bagnard et au gouvernement valaisan. Transmis à la presse ces derniers jours, ils ont été intégralement publiés dans le blog l’1Dex ce mercredi.

L’embarras du président

Indigné, Gabriel Luisier décrit la rencontre de la discorde: «En lieu et place de l’annulation du licenciement, un participant a proposé de m’engager dans une société dont une partie des tâches pourrait se faire d’entente et/ou avec l’appui de la commune». Il conclut par deux questions: «Y a-t-il moyen plus clair de demander à quelqu’un de se taire?» et «ne serait-ce pas là une tentative de corruption?»

J’ai simplement cherché à coopérer pour trouver des solutions

Le président Eloi Rossier semble embarrassé. Pour réserver ses remarques «aux autorités compétentes», il invoque le devoir de réserve et le secret de fonction qui régissent la relation contractuelle entre l’employeur et son employé. Il admet avoir rencontré Gabriel Luisier le 15 août dernier, mais il nie lui avoir jamais proposé un travail au nom de la commune: «J’ai simplement cherché à coopérer pour trouver des solutions».

Lire aussi: Tout comprendre si vous avez raté le début

L’affaire des constructions illicites de Verbier a forcé la commune à commander deux rapports d’experts successifs. En analysant quinze dossiers irréguliers, le premier énumérait cinquante infractions. Pour ses auteurs, «un véritable système a été mis en place où tout le monde trouvait son compte». Rédigé par l’ancien président du Tribunal fédéral Claude Rouiller, et plus clément, le second rappelait que tous les membres successifs de l’exécutif de Bagnes ont sciemment violé la loi cantonale sur les constructions depuis 1999.

Ce dernier rapport n’a pas suffi à mettre un terme à l’affaire. Le parlement valaisan se prononcera ce vendredi sur un postulat de l’UDC qui demande au gouvernement de mandater un expert «véritablement neutre et indépendant». Entre autres doléances, il lui demande aussi de dénoncer l’ensemble des faits litigieux au Ministère public.

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