Le politicien UDC Bruno Zuppiger est décédé durant la nuit de jeudi à vendredi, cinq jours avant son 64e anniversaire. La police cantonale zurichoise confirme l’information. Il a succombé à son domicile, à Hinwil, dans la campagne zurichoise, laissant derrière lui sa femme et cinq enfants.

Ses anciens collègues de l’UDC ont appris la nouvelle alors qu’ils étaient réunis à Altdorf (Uri), pour leur réunion de groupe parlementaire. Ils ont observé une minute de silence en sa mémoire. Le conseiller national Jean-François Rime (UDC/FR) le connaissait bien. Les deux hommes ont siégé ensemble au parlement et travaillé côte à côte au sein de l’Union suisse des arts et des métiers (USAM). Le Fribourgeois avait dîné avec lui pas plus tard que mardi dernier à Bulle: «Il avait l’air en forme. C’était un type très compétent, qui a fait une belle carrière. Il a eu le malheur de commettre une erreur, qu’il a ensuite largement payée».

Ascension et chute

Celui qui fut conseiller national durant 13 ans a connu une chute vertigineuse. En 2011, il était arrivé presque au sommet: l’UDC l’avait désigné candidat au Conseil fédéral, plaçant ses espoirs sur lui pour conquérir un second siège au gouvernement. Il faisait figure de prétendant sérieux jusqu’au 7 décembre, une semaine avant l’élection, lorsque la Weltwoche révélait sa responsabilité dans le détournement d’un héritage, poussant l’aspirant à se retirer de la course.

Sa société de conseil en entreprise Zuppiger&Partners avait reçu dix ans plus tôt le mandat de gérer l’héritage de l’une de ses anciennes employées décédée. Une partie de la somme, qui avait été léguée à Pro Senectute et à la Ligue contre le cancer, avait transité sur un compte privé et servi à couvrir des frais de la société.

L’année suivant ces révélations, Bruno Zuppiger avait successivement quitté la présidence de USAM, qu’il occupait depuis 2010. Isolé, il avait fini par démissionner du conseil national en automne 2012, où il était remplacé par Gregor Rutz. L’épilogue de l’histoire s’est écrit en janvier 2013 devant le tribunal de district de Zurich. Bruno Zuppiger et l’un de ses ex-collaborateurs écopaient chacun de 13 mois de prison avec sursis et d’une amende de 1500 francs pour abus de confiance.