Marc Roger risque bien de rester sous les verrous jusqu'à son procès, qui s'ouvrira le 1er septembre prochain, à Genève, devant la Cour correctionnelle avec jury. La Chambre d'accusation a en effet rejeté mardi la énième demande de mise en liberté provisoire déposée par l'ancien patron du Servette FC.

Aux yeux des juges, la durée de l'incarcération préventive du Français - 18 mois dont 9 à titre extraditionnel en Espagne - n'est pas encore disproportionnée. Aucun fait nouveau, ajoute la décision, n'est venu modifier l'appréciation antérieure déjà maintes fois exprimée dans ce dossier. Enfin, la Chambre a considéré que le risque de fuite - principal obstacle à une mise en liberté provisoire - s'était accru au regard de la proximité de l'audience de jugement. La caution de 40000 francs proposée par le prévenu n'a même pas été examinée.

L'ordonnance précise à ce propos que Marc Roger n'a pas fourni d'information fiable sur sa situation financière et sur les ressources dont il dispose. Les juges se sont donc refusés à entrer en matière sur une telle garantie, non sans ajouter que cette dernière demande de mise en liberté frisait l'abus de droit à force de développer d'incessantes redites propres à les lasser.

Tribunal fédéral saisi

«Un homme qui est à bout et dont l'état psychique s'aggrave en détention», avaient plaidé en vain Mes Alain Marti et Robert Assaël pour sortir leur client de prison, tout en assurant que ce dernier n'avait aucune intention ni aucun intérêt à se soustraire à son procès. Selon la défense, les limites de la détention préventive sont atteintes dans cette affaire. Deux recours ont d'ailleurs été déposés en ce sens devant le Tribunal fédéral, qui n'a pas encore statué.

Au nom des joueurs, Me François Canonica avait au contraire souligné qu'une libération sous caution de 40000 francs relèverait de «l'acrobatie judiciaire», sachant que Marc Roger avait déjà filé une première fois malgré le dépôt d'une garantie de 300000 francs.

Accusé d'avoir précipité le club dans la faillite et aggravé l'ampleur de la déconfiture, Marc Roger sera jugé cet automne en compagnie d'Olivier Maus, l'ancien administrateur, et de l'avocate parisienne Marguerite Fauconnet.